Sauver la Vie : cinq ans pour rapprocher les soins de celles et ceux qui en manquaient
De 2020 à 2025, dans des régions confrontées à l’insécurité, au déplacement des populations et à des besoins sanitaires immenses, un projet a choisi de faire simple, concret et utile. Renforcer l’existant, soutenir les équipes locales et rapprocher les services de santé des communautés. Porté par Pathfinder International Burkina Faso, avec l’appui du Royaume des Pays-Bas, en partenariat avec des organisations nationales et en étroite collaboration avec le ministère de la Santé, le projet « Sauver la Vie » laisse derrière lui des chiffres qui parlent et des acquis qui restent.

Pendant cinq ans, le projet Sauver la Vie est allé là où l’accès aux soins reste difficile. Du Banwa au Sourou, du Yatenga au Koulpélogo, l’intervention s’est déployée dans des zones souvent marquées par l’éloignement des structures sanitaires, l’insécurité et la précarité. Sur le terrain, il ne s’agissait pas de créer un dispositif parallèle, mais de renforcer ce qui existait déjà, en travaillant avec les districts sanitaires, les directions régionales de la santé et les organisations locales, plus proches des réalités des populations.
Mis en œuvre par Pathfinder International Burkina Faso, en partenariat avec cinq organisations nationales que sont la SOGOB, la CAPSSR, l’ABSFM, l’ALV et SOS JD, le projet a bénéficié, sur l’ensemble de la période, d’un financement d’environ 11 millions d’euros, soit un peu plus de 7 milliards de FCFA, du ministère du Commerce extérieur et de la Coopération au développement des Pays-Bas. Cet appui a permis d’agir de manière continue dans quatre régions et de soutenir directement 16 districts sanitaires.
Pour le Dr Bruno Ki, Directeur pays de Pathfinder International Burkina Faso, les résultats obtenus au terme des cinq années sont parlants. Environ 315 formations sanitaires, toutes catégories confondues, ont été accompagnées. Plus de 200 000 grossesses non désirées ont été évitées et l’on estime à environ 527 le nombre de décès maternels prévenus. Au-delà de l’impact humain, ces avancées ont également eu un effet économique majeur, avec plus de six milliards de francs CFA de dépenses directes de soins de santé économisées, permettant à de nombreuses familles d’éviter des dépenses de santé lourdes et parfois catastrophiques.

Dans son intervention, Joël Arthur Tiendrebéogo, Secrétaire général du ministère de la Santé, a rappelé que trois directions régionales de la santé et seize districts sanitaires ont bénéficié d’appuis directs, que 309 formations sanitaires publiques ont été équipées, six postes de santé communautaires construits, 1 381 prestataires formés, 539 087 personnes ont eu accès à des méthodes contraceptives modernes et 19 214 femmes ont reçu des soins après avortement. Pour lui, ces acquis montrent que l’investissement dans la santé des femmes et des communautés est un investissement dans l’avenir.
Ces résultats reposent sur des approches adaptatives et innovantes, pensées en cohérence avec les priorités du ministère de la Santé. Les équipes des districts sanitaires et des directions régionales de la santé ont été placées au cœur de la planification, de la mise en œuvre et du suivi des activités, avec une intégration directe dans les plans d’action existants. Le choix de travailler avec des organisations locales et nationales, plus proches des communautés, a permis d’intervenir efficacement, avec l’implication des autorités locales, administratives et des leaders communautaires.

Les acquis du projet sont appelés à durer. Les formations sanitaires ont été renforcées grâce à l’acquisition d’équipements médico-techniques qui resteront disponibles au-delà du projet. Les capacités des prestataires de santé ont été consolidées afin d’améliorer durablement la qualité des services offerts aux populations. Installée au sein des directions régionales de la santé et des équipes de districts, l’équipe du projet a renforcé la proximité, l’appui au fonctionnement et l’appropriation des actions.
À l’heure de la clôture, « Sauver la Vie » laisse un système de santé mieux outillé, des acteurs locaux renforcés et des communautés davantage connectées aux services essentiels. Une expérience qui montre que, même dans des contextes fragiles, des choix ancrés dans le terrain peuvent produire des avancées durables pour la santé des populations.
Madina Belemviré

