SAMU Burkina : Quand chaque seconde compte
Au Burkina Faso, dès que le téléphone sonne au 15, c’est une course contre la montre qui commence. Derrière chaque appel, il y a une vie en danger, un souffle fragile à protéger et un patient hospitalisé en attente. Au centre de régulation, les opérateurs écoutent, analysent et notent chaque détail, relayant ensuite les informations au médecin régulateur pour qu’il prenne les décisions les plus adaptées. Au Service d’aide médicale urgente (SAMU), chaque détail compte, chaque décision peut sauver ou perdre une vie.

La journée ne connaît pas de pause. Les malaises à domicile se succèdent, les accidents de la circulation s’ajoutent aux urgences diverses et les appels affluent sans répit. Certains appellent juste pour tester le numéro ou pour plaisanter, mais la priorité reste aux urgences véritables. À côté des opérateurs, un membre de la Brigade nationale des sapeurs-pompiers se tient prêt à faire la liaison avec la BNSP pour certaines interventions, car le SAMU ne travaille jamais seul. Chaque sortie est une coordination précise entre le téléphone, l’ambulance, le personnel et l’hôpital et chaque maillon compte.
Le Dr Abdramane Ouattara, Directeur de l’antenne régionale de Ouagadougou, souligne que le SAMU coordonne et planifie tous les soins en extra-hospitalier, c’est-à-dire en dehors de l’hôpital. « Tous ces soins sont coordonnés par nous », précise-t-il. Le service assure également le transport médicalisé avec deux types de prise en charge. Le transport primaire concerne tout transport en urgence depuis le domicile, le lieu de travail ou la voie publique, en cas d’accident ou de malaise, jusqu’à l’hôpital.

Le transport secondaire concerne les patients déjà hospitalisés qui doivent se rendre dans un autre centre pour la suite de leur prise en charge ou pour un examen, comme une échographie ou un scanner. Selon le Dr Ouattara, la régulation est très importante. Elle permet à la cellule de régulation de communiquer avec les patients qui appellent depuis l’extérieur ou avec les hôpitaux, y compris en cas de situation sanitaire exceptionnelle.
Le Dr Charles Henri Ouédraogo, médecin régulateur, rappelle que les cas sont nombreux et variés allant des cas de pédiatrie aux cas médicaux, en passant par les cas de chirurgie. La pression est constante, mais la satisfaction est immense lorsqu’ils réussissent à identifier rapidement le centre de santé le mieux adapté pour le patient.

Une fois la décision prise, la course continue sur le terrain. Ambulanciers, infirmiers et médecins interviennent, transportant le patient vers le centre choisi. Chaque geste compte et chaque décision peut transformer le destin du malade. Lorsqu’il est enfin pris en charge à l’hôpital, le soulagement d’avoir sauvé une vie envahit toute l’équipe.
Chaque jour, près de 500 appels d’urgence arrivent. Derrière ces chiffres, il y a des vies, des histoires et des familles qui espèrent. Derrière chaque vie sauvée, il y a le travail invisible du SAMU, ce service qui transforme la panique en action et le désespoir en espoir. Chaque seconde compte, chaque geste est vital et chaque vie sauvée rappelle que le SAMU n’est pas seulement un service d’urgence, mais un pilier essentiel du système de santé du Burkina Faso.
Madina Belemviré

