Santé de l’enfant en contexte de crise: les pédiatres mobilisés à Ouagadougou
À Ouagadougou, les pédiatres burkinabè et leurs partenaires se penchent sur une urgence qui s’impose au quotidien, préserver la santé des enfants dans un contexte marqué par l’insécurité et les défis humanitaires.

La Société burkinabè de pédiatrie tient son sixième congrès du vingt-cinq au vingt-sept mars deux mille vingt-huit, avec une cérémonie d’ouverture intervenue le mercredi vingt-cinq mars à l’Université Joseph Ki-Zerbo. Placée sous le thème de la santé de l’enfant en contexte de crise sécuritaire et humanitaire, cette rencontre scientifique rassemble des spécialistes venus du Burkina Faso, d’Afrique et d’Europe autour d’une préoccupation devenue centrale dans les politiques de santé publique.
Pour le professeur Fla Koeta, président de la Société burkinabè de pédiatrie, ce choix s’inscrit dans une réalité que le pays vit depuis plus d’une décennie. La crise sécuritaire a entraîné des déplacements massifs de populations et fragilisé le système de santé, avec des répercussions directes sur les enfants. Dans ce contexte, il devient essentiel de mobiliser l’ensemble des acteurs afin que la santé de l’enfant reste une priorité, malgré les contraintes. L’enjeu consiste à identifier des leviers concrets pour maintenir les acquis et poursuivre l’amélioration des indicateurs de santé.

Durant trois jours, les échanges s’articulent autour de thématiques majeures. La survie du nouveau-né, considéré comme le plus vulnérable, occupe une place importante, avec des réflexions sur des approches adaptées jusqu’au niveau communautaire. La santé mentale des enfants, fortement impactée par le contexte sécuritaire, fait également l’objet d’analyses approfondies afin de mieux cerner les réponses à apporter. À cela s’ajoutent les questions nutritionnelles ainsi que les perturbations de la vaccination, avec en ligne de mire la nécessité de rattraper les enfants non couverts dans les zones difficiles d’accès.
Prenant la parole au nom du ministre en charge de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, le Pr Olga Mélanie Lompo a salué la pertinence du thème. Elle a souligné l’importance d’une telle rencontre dans un contexte où les défis sécuritaires et humanitaires imposent une réponse concertée. Les autorités attendent des travaux des recommandations adaptées aux réalités du terrain, capables d’orienter les décisions en faveur de la santé de l’enfant.

Au-delà des échanges scientifiques, ce congrès se veut un cadre de formation continue et de production de connaissances.

Les organisateurs espèrent qu’il permettra de renforcer la recherche sur la santé de l’enfant en zones à défis sécuritaires et d’aboutir à des consensus de prise en charge adaptés, afin de réduire la morbidité et la mortalité infantiles au Burkina Faso.
Madina Belemviré

