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Elle jouit seule mais avec lui, elle fait semblant, on en parle ?

Certaines femmes arrivent à atteindre l’orgasme seules, en se touchant, en stimulant elles-mêmes les zones de leur corps qui leur procurent du plaisir, avec les mains ou avec des objets conçus pour ça. Mais dès qu’un partenaire entre en scène, c’est comme si quelqu’un prenait le volant sans permis. Ça prend du temps ou ça ne vient pas du tout. Et non, ce n’est pas rare. Des recherches en sexologie montrent que beaucoup de femmes vivent ce décalage.

Il est motivé. Il passe les mains dans le dos, il glisse vers les hanches, il caresse les fesses, il remonte doucement, il redescend encore, il insiste comme un GPS en panne qui répète “tournez à droite” alors qu’on est déjà dans le mur. Sauf que pendant tout ce temps, ce qui fait vraiment réagir madame, c’est ailleurs, par exemple ses seins, mais lui ne s’en approche même pas. Et elle reste là, couchée. Dans sa tête, c’est “mais viens ici, c’est là”, sauf que rien ne sort, elle ne dit rien, et lui continue sans savoir qu’il passe complètement à côté.

Et comme elle ne veut pas casser son élan, elle commence à faire des petits sons. Pas parce que ça monte, non, juste pour l’encourager un peu, le fameux “mmh” de soutien. Mauvaise idée parce que lui, il prend ça comme une validation totale. Et les hommes doivent savoir que tous les gémissements ne veulent pas dire plaisir. Il y a les gémissements bio, ceux qui sortent sans réfléchir, quand le corps suit. Et il y a les autres, ceux qu’on fabrique pour ne pas plomber l’ambiance. Le problème, c’est que beaucoup d’hommes prennent tout au premier degré. Bruit égal succès. Et au passage, faire semblant, ce n’est pas être gentille. C’est installer quelqu’un dans une illusion confortable. Sur le coup, ça évite une gêne. Sur la durée, ça construit des rapports où chacun joue un rôle au lieu de vivre quelque chose.

Le professeur Yobi Alexis Sawadogo, gynécologue obstétricien le dit sans détour. Beaucoup de femmes ne disent pas clairement ce qu’elles aiment pendant les rapports, où elles aiment être touchées, comment elles aiment être caressées. Du coup, l’homme avance comme il peut pendant les préliminaires et le rapport.

Pr Alexis Yobi Sawadogo, gynécologue obstétricien

Il y a aussi un autre cas que peu assument. Certaines femmes n’aiment pas quand c’est trop doux. Elles veulent une petite tape sur les fesses, pas pour faire mal, juste pour mettre un peu de vie dans le moment. Mais en face, elles tombent sur un homme doux, le genre qui caresse comme s’il manipulait quelque chose de fragile. Mais elle ne dit toujours rien, parce que dire un peu plus fort, “cogne-moi”, “vas-y franchement”, ça demande d’assumer ce qu’on aime. Et ça, ce n’est pas toujours évident.

Les études en psychologie sexuelle montrent aussi que pendant le rapport, beaucoup de femmes analysent, se demandent si elles font bien, si elles sont attirantes, si l’autre prend du plaisir. Et pendant que ça tourne dans la tête, le corps passe au second plan. Et puis il y a les hommes pressés. Ceux-là, on dirait qu’ils ont un taxi qui les attend moteur allumé dehors. Ils arrivent, deux gestes rapides, et ils veulent déjà monter, pomper, finir comme si tout devait aller vite. Sauf qu’en face, ce n’est pas du tout le même rythme. Pour beaucoup de femmes, le corps a besoin de temps pour suivre, pour réagir, pour vraiment entrer dans le moment. Les préliminaires ne sont pas là pour décorer, c’est là que tout commence. Les zapper, c’est partir seul dans son élan.

Et puis il y a un moment que beaucoup connaissent sans le dire. Lui, il a déjà fini. Pas parce qu’il ne veut pas continuer, mais parce qu’il n’a pas tenu longtemps. L’éjaculation est arrivée très vite. Et elle ? C’est justement à ce moment-là que son corps commençait à réagir un peu. Donc tout s’arrête alors que pour elle, ça commençait à peine. L’éjaculation précoce, c’est exactement ça. Ça coupe le moment trop tôt. Lui arrive vite à la fin, pendant qu’elle, elle n’a même pas eu le temps d’entrer vraiment dans ses sensations.

Au final, chacun a sa part. Les hommes qui foncent sans vraiment lire le corps en face. Les femmes qui se taisent alors qu’elles savent exactement ce qui leur fait du bien. Et au milieu, des moments qui auraient pu être bien meilleurs mais qui passent à côté. Dire ce qu’on aime, ce n’est pas gâcher le moment. C’est éviter de regarder quelqu’un s’appliquer sérieusement… dans le vide.

Madina Belemviré

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