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Encore un coup: quand le désir déborde, que dit vraiment le corps ?

Quand l’envie ne s’arrête plus et que les rapports s’enchaînent sans pause, certains finissent par se poser la question sans toujours oser la dire clairement. Est-ce que trop faire l’amour peut finir par fatiguer le corps ou créer des problèmes ? Entre plaisir, excès et limites du corps, la frontière est parfois plus fine qu’on ne le pense.

Dr Boukary Kabré, urologue andrologue

Il est minuit passé. La chaleur est installée comme un invité qui refuse de partir. Le ventilateur tourne, mais ça ne change pas grand-chose. Et dans cette chambre, on sent bien que dormir n’est pas la priorité. Ici, on est avec ceux pour qui faire l’amour passe avant le sommeil. Ceux pour qui la nuit commence vraiment quand les autres ferment les yeux. Dormir, ça peut attendre. Parce qu’à un moment, il y a toujours cette envie de dire “allez, encore un coup”. Et quand ils commencent, ils savent déjà que ça ne va pas s’arrêter à une seule fois.

Madame est couchée sur le côté, tranquille, bien installée dans sa position de sommeil. Celle qui dit clairement que la journée est finie. Vous, vous vous rapprochez doucement. La main commence à se promener. Elle ne sursaute même pas. Elle connaît déjà le programme. “On peut non…” Elle ne répond pas vraiment. Et comme souvent, ce silence devient, dans certaines têtes, un oui bien arrangé.

Ça commence. Une fois, juste pour voir. Ça finit. Petite respiration. Normalement, c’était fini. Mais à peine terminé, l’envie revient. Comme quelqu’un qui sort et qui revient frapper e, disant, “j’ai oublié quelque chose”. Bienvenue chez les “encore un coup hein”. Une fois, c’est pour commencer. Deux fois, c’est normal. Trois fois… là, on commence à se prendre au sérieux. Le rythme s’installe. Nuit, matin, parfois même en journée. Comme si c’était un marathon.

Pourtant, la réalité est simple. Comme l’explique le Dr Boukary Kabré, avoir plusieurs rapports sexuels, même dans une même journée, n’est pas un problème en soi, tant qu’il n’y a pas de douleur, pas d’épuisement, et surtout que les deux sont d’accord. Mieux encore, une vie sexuelle régulière fait du bien. Elle réduit le stress, améliore le sommeil et renforce le lien dans le couple. Même après une tension, ces moments peuvent rapprocher.

Mais là où  il y a problème, c’est quand il y a des douleurs, des irritations, des petits traumatismes que vous ignorez au début jusqu’au moment où ça devient gênant.

Et le plus surprenant, c’est que trop en faire peut donner l’effet inverse de ce que vous cherchez. Moins de performance, de désir, éjaculation plus rapide, difficulté à maintenir une érection. Oui, ça arrive. Comme quoi, vouloir prouver tous les jours fatigue même ce qui marchait très bien.

Quand vous en avez toujours envie, quand vous n’arrivez plus vraiment à vous arrêter, quand cela commence à créer des tensions dans votre couple ou à perturber votre quotidien, là, ce n’est plus juste du plaisir. C’est quelque chose qui commence à vous dépasser. Et pendant tout ça, il y a elle. Le premier jour, elle est dedans, le deuxième, elle suit, le troisième elle commence à regarder ailleurs. Pas parce qu’elle ne vous aime pas. Mais parce qu’à force, cela devient trop. Pendant que vous êtes encore dans votre “encore un coup hein”, elle, elle est déjà fatiguée depuis un moment.

C’est comme ça que le décalage s’installe et ce qui devait rapprocher commence à peser. Ajoutez maintenant les partenaires qui se multiplient ou la protection qu’on oublie “parce que ça va aller” et là, on n’est plus dans le plaisir, on est dans le risque. Alors non, enchaîner les rapports sexuels ne rend pas malade en soi. Mais le faire sans pause, sans écouter votre corps, sans respecter l’autre, cela fatigue, cela use, et cela peut abîmer ce qui devait justement vous rapprocher.

Allez-y molo molo. Parce qu’au fond, ce n’est pas le nombre de fois qui compte. C’est de savoir si vous êtes encore deux à vivre ce moment ou si vous êtes devenu un “encore un coup hein” très motivé, mais déjà un peu dépassé par votre propre rythme.

Madina Belemviré

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