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Médecine d’urgence : Quand les urgences manquent de souffle, les anesthésistes-réanimateurs au front

À Ouagadougou, les 8es Journées d’anesthésie-réanimation et de médecine d’urgence du Burkina Faso, organisées par la Société d’anesthésie, de réanimation et de médecine d’urgence du Burkina (SARMUB), ont officiellement débuté ce 21 mai 2026 sous la présidence du ministre de la Santé, le Dr Robert Kargougou. Jusqu’au 23 mai, spécialistes venus du Burkina Faso et d’ailleurs échangeront autour des réalités d’une discipline qui fonctionne en permanence sous pression. 

Quand le respirateur tombe en panne, que les antibiotiques ne répondent plus et qu’un patient lutte pour quelques secondes de souffle supplémentaires, ce ne sont plus les discours qui tiennent l’hôpital debout. Ce sont les anesthésistes-réanimateurs et les urgentistes. Des médecins souvent peu connus du grand public, mais présents dans presque toutes les situations où une vie doit être stabilisée, maintenue ou sauvée.

À Ouagadougou, les 8es Journées d’anesthésie-réanimation et de médecine d’urgence du Burkina Faso ont officiellement débuté ce 21 mai 2026 sous la présidence du ministre de la Santé, le Dr Robert Kargougou. Jusqu’au 23 mai, médecins, ingénieurs et spécialistes venus du Burkina Faso et d’ailleurs échangeront autour des réalités d’une discipline qui fonctionne en permanence sous pression.

Le thème choisi donne immédiatement le ton. “Les défis du développement de l’anesthésie-réanimation et de la médecine d’urgence au Burkina Faso”. Une formulation sobre pour décrire des services qui avancent parfois entre débrouille, surcharge et urgence permanente.

Pour le Pr Traoré Ibrahim Alain, président de la Société d’anesthésie, de réanimation et de médecine d’urgence du Burkina (SARMUB), ces journées permettent de recycler les professionnels, d’actualiser les connaissances et d’apporter de nouvelles compétences au personnel soignant. Mais au fil des échanges, une autre réalité s’impose rapidement, celle des difficultés auxquelles les anesthésistes-réanimateurs et les urgentistes sont confrontés chaque jour dans les hôpitaux burkinabè.

Pr Traoré Ibrahim Alain, président de la Société d’anesthésie, de réanimation et de médecine d’urgence du Burkina (SARMUB)

Au Burkina Faso, les anesthésistes-réanimateurs sont partout à la fois. Au bloc opératoire, en réanimation, aux urgences, dans la prise en charge de la douleur, parfois même au cœur des crises sanitaires ou sécuritaires. “Dans les pays développés, chaque compartiment possède son spécialiste. Ici, nous sommes multitâches”, résume le professeur.

Le Burkina Faso compte actuellement 96 médecins anesthésistes-réanimateurs, un effectif encore insuffisant pour couvrir les besoins d’un pays confronté à des urgences sanitaires, sécuritaires et hospitalières de plus en plus complexes. À cette insuffisance de ressources humaines s’ajoutent les équipements défectueux, les difficultés de maintenance et les ruptures fréquentes de médicaments essentiels.

Et pendant que les urgences se remplissent, un autre danger progresse dans les hôpitaux, la résistance aux antibiotiques. Selon les spécialistes réunis au congrès, de plus en plus de patients arrivent avec des infections qui résistent même aux traitements de dernière génération. Une situation qui inquiète les réanimateurs et oblige désormais à repenser l’utilisation des antibiotiques dans les services critiques.

Face à ces défis, le ministre de la Santé , Dr Robert Kargougou a salué la résilience des professionnels de l’urgence dans un contexte sécuritaire et humanitaire particulièrement éprouvant. Il a notamment insisté sur plusieurs priorités comme l’opérationnalisation du SAMU sur le territoire national, le renforcement des ressources humaines qualifiées et la maintenance des équipements médicaux.

Dr Robert Kargougou, ministre de la Santé

Conférences, ateliers d’intubation, exercices de massage cardiaque et échanges d’expériences rythmeront cette 8e édition. Dans la salle du congrès, une conviction revient constamment. Chaque urgence prise en charge à temps repose sur des professionnels formés à agir vite, souvent avec des moyens limités.

Madina Belemviré

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