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Avoir des rapports sex.uels, ce n’est pas faire l’amour

Il y a des nuits où on fait l’amour et d’autres où on a des rapports sexuels. Oui, on transpire dans les deux cas. Oui, le lit est froissé pareil. Mais non, ce n’est pas le même goût au réveil. C’est un peu comme manger un plat froid à 2 h du matin. Ça nourrit, ça calme, mais personne ne va raconter ça avec des étoiles dans les yeux.

Pr Charlemagne Ouédraogo, gynécologue obstétricien

Il y a des soirs où tout va bien. Tu regardes ton téléphone, tu te dis, “Ça va passer.” Et puis il y a ces soirs où ça ne passe pas. Tu te retournes dans le lit. Tu changes de position. Tu regardes l’heure. Tu dis “je suis fatigué(e)” alors que le sommeil t’a déjà quitté.

C’est souvent à ce moment précis que certains hommes se souviennent soudainement qu’ils sont très sociables. Le téléphone sort, même s’il était à 2 %. On fouille les contacts comme on fouille un sac quand on a perdu ses clés. Anciens numéros, noms bizarres, “Amina mariage”, “Fatou maquis”, “Inconnue sympa”. Des numéros pris un jour sans conviction, juste au cas où.

Avoir des rapports sexuels, c’est souvent à ce moment-là. Quand le corps prend le micro et dit : « Moi aussi j’ai mes urgences. » Le feu est là, ça brûle, ça pique, ça devient insistant. Et quand il n’y a pas d’eau propre sous la main, on arrose comme on peut. Peu importe la source, l’objectif est de faire baisser la température.

Il y en a même qui, depuis qu’ils ont pris le numéro de la fille, n’ont jamais écrit. Pas un “bonsoir”, pas un “ça va”, rien. Mais quand ça chauffe, les doigts retrouvent le chemin du clavier. « Salut princesse », « Salut beauté », « Tu me manques hein », « Je pense à toi hein ». Les filles, ce n’est pas vous qui lui manquez hein, c’est sa tranquillité corporelle.

Le désir tape à la porte comme une notification qu’on n’a pas demandée. Et on ouvre, pas par amour, mais juste pour qu’il disparaisse.  Mais après, il y a ce petit silence bizarre. Ce moment où on se demande pourquoi on est là, pourquoi c’est cette personne, et pourquoi on sait déjà qu’on ne rappellera pas. Ou qu’on rappellera, mais seulement quand ça recommencera à brûler.

Et non, les femmes ne sont pas absentes de ce scénario. Il y a celles qui n’ont même pas besoin de fouiller leurs contacts. Une photo bien choisie, un statut qui ne dit rien, mais qui dit tout. Une apparition calculée. Elles ne demandent rien, mais les messages arrivent quand même. « Tu es dangereusement belle hein », « C’est comment toi ? », « On peut se voir ? ». Elles ne cherchent pas forcément l’amour. Elles cherchent juste que le corps se calme. Avoir des rapports sexuels, c’est souvent ça. Juste une réponse à une urgence du corps. Le feu est là, on cherche de l’eau. Peu importe laquelle, tant que ça éteint.

Mais faire l’amour, c’est autre chose. Ce n’est pas une urgence, c’est un choix. Ce n’est pas un feu à éteindre, c’est une chaleur qu’on accepte de partager. Là, on ne cherche pas juste à faire taire le corps. On veut la personne. On veut rester après. Même quand le feu est redescendu, même quand il n’y a plus urgence. Le corps est content, oui, mais le cœur aussi.

Le Pr Charlemagne Ouédraogo le dit clairement : « On peut avoir des rapports sexuels sans amour. » Les prostituées, par exemple, ont des rapports sexuels, pas de l’amour. Le corps est là, le cœur est absent. Et quand il n’y a même pas le consentement, comme dans le viol, on ne parle plus de désir. On parle de viol.

La vérité, c’est que tout le monde connaît la différence. Quand c’est de l’amour, on n’a pas besoin de messages recyclés ni de “salut princesse” envoyés à minuit. Et quand c’est juste pour éteindre le feu, on le sait aussi. Mais on préfère appeler ça “faire l’amour”, parce que ça sonne mieux que de dire : “J’avais juste besoin que ça se calme.”

Madina Belemviré

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