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Fistule obstétricale : trente femmes opérées, trente vies qui reprennent souffle

À l’hôpital Schiphra de Ouagadougou, une campagne de prise en charge de la fistule obstétricale s’est déroulée du 21 au 28 janvier 2026. Menée dans le cadre d’un partenariat avec l’association Médecins du Désert Belgique, cette initiative a permis d’opérer gratuitement trente femmes, longtemps enfermées dans la douleur, la honte et l’isolement.

Les 19 et 20 janvier 2026, elles sont arrivées à l’hôpital Schiphra, souvent après des années de souffrance silencieuse. Certaines vivaient avec la fistule obstétricale depuis longtemps, marquées par une incontinence permanente, le rejet social et la perte de toute vie normale. Ces deux journées ont été consacrées à leur accueil, à l’écoute et aux examens médicaux, une étape essentielle avant toute décision chirurgicale.

À partir du 21 janvier, les interventions chirurgicales ont débuté. Elles se sont poursuivies jusqu’au 28 janvier, mobilisant des équipes médicales locales et internationales. Pour le Directeur général de l’hôpital Schiphra, Dr Jacob Sawadogo, cette campagne s’inscrit dans une collaboration de plusieurs années avec Médecins du Désert Belgique, un partenariat qui ne se limite pas aux opérations, mais qui permet aussi de former les équipes locales afin que la prise en charge se poursuive toute l’année, même en dehors des campagnes.

Dr Jacob Sawadogo, Directeur Général de l’hôpital Schiphra

Au total, trente femmes ont été opérées au cours de cette mission. Toutes ont bénéficié d’une prise en charge entièrement gratuite, incluant les soins, l’hébergement et la restauration. Pour le Pr Robert Adrianne, président de Médecins du Désert Belgique, la fistule obstétricale est l’une des pathologies les plus violentes sur le plan humain. Elle prive les femmes de leur corps, de leur dignité et, souvent, de leur place dans la société. Elle survient principalement dans des contextes où les grossesses sont peu suivies et où l’accès à la césarienne reste limité.

Pr Robert Adrianne, président de Médecins du Désert Belgique

Chaque patiente a été examinée avec attention avant qu’une stratégie thérapeutique adaptée ne soit définie de manière collégiale. Certaines ont bénéficié d’interventions chirurgicales classiques. D’autres ont nécessité des techniques plus complexes et innovantes, notamment des procédures de dérivation des urines, mises en œuvre lorsque la vessie est trop endommagée pour être réparée. Ces interventions, délicates, visent avant tout à permettre aux femmes de retrouver une vie sociale, une autonomie et une dignité longtemps perdues.

Le suivi post-opératoire, assuré par un personnel infirmier formé et accompagné, a constitué une étape déterminante. À l’issue des premières évaluations, l’évolution des trente patientes a été jugée favorable. Pour les cas les plus sévères, l’hôpital Schiphra dispose désormais de techniques spécialisées, telles que la dérivation urinaire de type Mainz II, adaptées au contexte local et réalisables uniquement dans des structures disposant d’un plateau technique approprié.

Ce mercredi 28 janvier 2026, marquant la fin de la campagne chirurgicale, le Ministère de la Santé, à travers la Direction Générale de la Santé Publique (DGSP) et la Direction de la Santé et de la Famille (DSF) a effectué une visite sur le site afin de saluer le travail des équipes médicales. Pour les trente femmes opérées, cette campagne ne se résume pas à une intervention médicale. Elle marque la possibilité de reprendre une place dans la communauté, et de recommencer à vivre sans honte.

Madina Belemviré

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