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Passivité au lit : quand monsieur transpire et madame ne bouge pas

Ils en parlent entre hommes, souvent autour d’une bière ou au grin, avec des gestes exagérés : « Elle était là, couchée comme une statue. » Et toute la bande éclate de rire. Mais derrière ces accusations de passivité, la réalité est moins simple qu’un match Barça-Real.

 Monsieur, motivé comme s’il allait disputer la finale des Étalons, entre dans la chambre. Il se dit, ‘’aujourd’hui, je vais lui montrer que je suis un vrai champion, je vais lui montrer qui a mis l’eau dans coco.” Cinq minutes plus tard, il transpire déjà comme un porteur de sacs au marché de Sankar-Yaaré, pendant que madame est là, raide, regard fixé au plafond. Lui, essoufflé, tente de briser le silence. « Chérie… tu es sûre que ça va ? »
Elle, d’une voix douce mais distante, répond : « Oui, continue seulement. » Ce silence n’est pas toujours un désintérêt.

Certaines femmes voudraient bien casser la routine en sortant le déhanché de Fally Ipupa prêtes à transformer le lit en podium des Kundé. Mais aussitôt, monsieur devient Inspecteur Colombo : « Tu as appris ça où ? » En vérité, ce n’est pas parce que le mouvement ne lui a pas plu, oh non, il adore même, mais parce qu’il veut être sûr d’en être le seul bénéficiaire. Mais mes chers hommes, quand vous sortez vos acrobaties dignes d’un vieux film nigérian, vos femmes ne vous demandent pas si vous avez fait un stage accéléré avec les anciens du grin. Alors pourquoi ce deux poids deux mesures ? Madame, pour éviter le procès-verbal, préfère rester immobile comme si elle participait au recensement national du syndicat des hommes qui militent encore pour le string rouge.

Mais toutes ne restent pas figées par peur du jugement. Il y a celles qui ne bougent pas parce qu’elles n’ont jamais appris à explorer leur plaisir. Selon une étude Durex, 22 % des femmes ne connaissent pas bien leurs zones érogènes. Du coup, elles ne savent pas trop quoi faire. Elles se taisent, et lui improvise un geste hasardeux qui finit avec un genou contre le lit et la lampe au sol.

Et puisqu’on parle de maladresses, il faut dire la vérité, les hommes aussi ont leur part. Ce n’est pas toujours madame qui bloque. Des recherches (Maseroli et al., 2016 ; BMC Women’s Health, 2018) montrent que les dysfonctions masculines comme l’éjaculation trop rapide, les pannes sèches ou simplement le manque de savoir-faire coupent net l’excitation féminine. Monsieur cogne persuadé qu’il vise bien, alors qu’en réalité il pédale dans le vide comme un vélo sans chaîne. Et madame, allongée, finit par se dire : “Si lui-même ne sait pas s’y prendre, pourquoi moi je vais transpirer ?” Quand le chef d’orchestre joue faux, la danseuse ne peut que rester assise.

Comme si cela ne suffisait pas, la société s’invite aussi sous les draps. La vieille équation “Sainte ou Putain” continue de hanter bien des couples. Des chercheurs (Schaffauser, 2010 ; Psychology of Women Quarterly, 2020) expliquent que beaucoup de femmes préfèrent s’autocensurer pour ne pas être traitées de prostituée. Alors elles bougent moins, calculent plus, comme un commerçant de Rood-woko qui recompte sa monnaie devant un client méfiant.

Et puis, il y a la paresse assumée. Pas de peur, pas de tabou. Madame s’allonge en position “tue-moi”. Elle ne fait rien, ne lève même pas un orteil, mais elle profite quand même des sensations. Pour elle, c’est simple. Monsieur travaille, elle récolte. Et quand il proteste, certaines répliquent : « Continue seulement, je suis bien comme ça. »

Ce petit confort montre bien que, parfois, l’immobilité n’est ni peur ni tabou, c’est juste de la paresse. Mais qu’elle soit choisie, subie ou imposée, la passivité au lit reste une affaire à deux. Alors, avant de se plaindre que madame ne bouge pas, monsieur devrait se demander s’il sait tenir le rythme. Et mesdames, rappelez-vous qu’un match sans supporters n’a pas de saveur. L’amour n’a pas besoin de statues. Il a besoin d’un duo, d’une danse à deux et d’une moustiquaire solide.

Madina Belemviré

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