Vaccination antipaludique : le Burkina Faso passe à l’échelle nationale
À partir du 15 août 2025, tous les enfants burkinabè âgés de 5 à 23 mois pourront recevoir le vaccin contre le paludisme dans le cadre de la vaccination de routine. Ce passage à l’échelle intervient après une première phase lancée en février 2024 dans 27 districts sanitaires du pays. L’annonce a été faite lors d’un atelier de plaidoyer et d’information organisé le 11 août à Ziniaré par le ministère de la Santé avec le soutien financier de l’ONG JHPIEGO à l’intention des hommes et femmes de médias.

Le paludisme, véritable fléau de santé publique, continue de peser lourdement sur le pays. Face à cette situation, le ministère de la Santé a décidé d’introduire le vaccin antipaludique dans le programme national de vaccination. « Nous avons la disponibilité du vaccin, c’est ce qui nous permet de passer à l’échelle », explique Vouanda Somé, conseiller de santé à la Direction de la prévention par la vaccination.

Le schéma vaccinal retenu prévoit trois doses mensuelles administrées aux 5e, 6e et 7e mois de vie, puis une quatrième au 15e mois pour prolonger la protection. L’objectif est clair, réduire les cas symptomatiques, les hospitalisations et les décès liés au paludisme. Les données disponibles indiquent que le vaccin homologué au Burkina Faso permet de réduire de 75 % les cas symptomatiques, et agit en complément d’autres mesures comme l’utilisation des moustiquaires, la chimio-prévention et le contrôle vectoriel.
Le représentant du directeur général de la santé publique, Amédée Parfait Ye a rassuré: « Le vaccin antipaludique est sûr, efficace et n’a montré aucun effet secondaire majeur depuis son introduction. Des mécanismes rigoureux de surveillance sont en place pour garantir sa qualité et son innocuité.«
Lors de la première phase lancée le 5 février 2024, 27 districts répartis dans 7 régions utilisaient le vaccin RTS,S. Avec la nouvelle étape, les 43 districts restants vont débuter la vaccination avec le vaccin R21, plus disponible et moins coûteux. « Il ne s’agit pas de dire qu’un vaccin est plus efficace que l’autre. Le choix du R21 répond surtout à des questions de disponibilité et de coûts. »précise M. Somé. La transition se fera progressivement. Les districts qui avaient commencé avec le RTS,S poursuivront avec ce vaccin jusqu’à la fin de 2025. À partir de janvier 2026, tous les districts du pays utiliserons le R21.
Pour cette extension, l’État et ses partenaires techniques et financiers ont mobilisé un peu plus de 800 000 doses, couvrant l’ensemble des besoins. Au total, 634 360 enfants sont concernés par cette vaccination. Et comme pour les autres vaccins du Programme élargi de vaccination, la vaccination antipaludique est gratuite pour les familles, même si, en réalité, elle est financée par l’État et ses partenaires.

Informer jusqu’au “dernier kilomètre”
Au-delà de la disponibilité du vaccin, l’un des enjeux majeurs reste la diffusion d’une information fiable. Le Directeur de la communication et des relations presse du ministère de la Santé, Romain Sandwidi, a exhorté les journalistes présents à partager la bonne information afin de lutter contre les rumeurs et les fausses nouvelles susceptibles de freiner l’adhésion des populations à la vaccination.

Avec ce passage à l’échelle, le Burkina Faso espère réduire significativement le fardeau du paludisme et protéger une génération d’enfants contre l’une des maladies les plus meurtrières du pays.
Madina Belemviré

