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Donner la vie sans la perdre: la SOGOB intensifie la lutte contre l’hémorragie après accouchement

Donner la vie ne devrait jamais coûter la vie. Pourtant, au Burkina Faso, l’hémorragie du post-partum continue d’emporter des femmes au moment même où leurs familles célèbrent une naissance. En quelques minutes, la joie peut laisser place au silence, un nourrisson privé de sa mère, un père désemparé, une famille confrontée à une absence irréparable. Depuis plus de trente ans, cette complication reste la première cause de mortalité maternelle dans le pays.

Pour faire face à cette urgence, la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB) a réuni à Ouagadougou pendant deux jours, du 8 au 9 avril 2026, des acteurs de la société civile et des professionnels des médias autour d’une initiative de veille citoyenne. L’objectif est de renforcer la mobilisation communautaire et d’accompagner les efforts du ministère de la Santé pour réduire les décès maternels.

Le président de la SOGOB, Pr Charlemagne Ouédraogo, a rappelé l’enjeu humain derrière cette mobilisation. Selon lui, le nouvel objectif international en matière de réduction de la mortalité maternelle impose aux pays d’intensifier leurs actions afin que, d’ici l’échéance fixée, mourir en donnant la vie ne soit plus une réalité. Il explique que la société civile a été associée pour accompagner le gouvernement dans cette dynamique et renforcer la sensibilisation autour des causes des décès maternels.

Pr Charlemagne Ouédraogo, Président de la SOGOB

Le Pr Ouédraogo souligne que l’hémorragie du post-partum demeure, depuis plusieurs décennies, la principale cause de mortalité maternelle. Pour lui, la lutte passe à la fois par la consolidation des acquis et l’introduction d’innovations capables d’améliorer la prise en charge. Il met notamment en avant la carbétocine thermostable, présentée comme un médicament stratégique pour réduire l’incidence des hémorragies après accouchement.

Il rappelle que l’ocytocine, largement utilisée jusqu’ici, est sensible à la chaleur, ce qui complique sa conservation, surtout dans les zones où la chaîne de froid n’est pas toujours disponible. L’introduction d’une molécule résistante à la chaleur permettrait, selon lui, un déploiement plus large sur l’ensemble du territoire et une meilleure protection des femmes, même dans les structures les plus éloignées.

Au-delà des innovations médicales, cette initiative vise aussi à harmoniser les messages et à renforcer le plaidoyer. La forte mobilisation de la société civile, venue renforcer ses capacités de compréhension de cette problématique, est perçue comme un pas important dans la lutte contre la mortalité maternelle.

Dans les maternités comme dans les villages, l’enjeu reste le même. Éviter que des familles sortent d’un accouchement avec un nouveau-né dans les bras et une mère absente. La mobilisation engagée par les gynécologues, la société civile et les médias vise à briser cette réalité encore trop fréquente, pour que chaque naissance n’emporte plus une mère et ne laisse plus des enfants grandir sans celle qui devait les accompagner

Madina Belemviré

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