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Compléments alimentaires et diabète : les risques que beaucoup de patients ignorent encore

Capsules, extraits naturels, boissons enrichies ou produits vendus comme aides contre le diabète séduisent de nombreux patients. Pourtant, utilisés sans avis médical, certains compléments alimentaires peuvent interagir avec les traitements, perturber le taux de sucre dans le sang ou provoquer d’autres effets indésirables parfois graves, avertit le Dr Tandamba Souleymane.

Dr Tandamba Souleymane, médecin endocrinologue

Quand un produit promet d’aider à contrôler le sucre dans le sang, beaucoup y voient une solution rassurante. Chez certaines personnes vivant avec le diabète, ces produits paraissent plus simples, plus naturels et parfois plus attirants qu’un traitement à suivre chaque jour. Le Dr Tandamba Souleymane, médecin endocrinologue diabétologue nutritionniste, alerte pourtant sur les dangers d’une utilisation sans encadrement médical. Selon lui, recourir à ces produits en automédication peut exposer à des risques importants pour la santé.

Premier piège, les interactions avec les médicaments déjà prescrits. Certains compléments à base de plantes ou de substances actives peuvent modifier l’effet d’un traitement antidiabétique, le renforcer ou le perturber. Le taux de sucre dans le sang peut alors devenir difficile à stabiliser, avec parfois des hausses ou des baisses imprévues.

Autre danger fréquent, la confiance excessive. Parce qu’un produit est présenté comme naturel, certains pensent pouvoir le prendre librement, augmenter les doses ou multiplier les associations. En prendre en excès peut perturber le taux de sucre dans le sang au lieu d’aider.

Le spécialiste évoque aussi des réactions allergiques parfois sévères, des troubles digestifs, des perturbations de la coagulation sanguine, ainsi que de possibles atteintes du foie avec certains produits mal tolérés ou mal utilisés. Tout ce qui se vend avec une feuille dessinée sur l’emballage n’est pas automatiquement un allié du pancréas.

Autre point souvent ignoré, les compléments alimentaires ne répondent pas au même cadre que les médicaments. Ils ne disposent pas du même niveau d’encadrement pharmaceutique, ce qui impose une vigilance particulière sur leur composition, leurs contre-indications, leurs effets indésirables ou leurs interactions possibles.

Le risque le plus lourd reste parfois invisible. Certains patients réduisent leurs comprimés, arrêtent leur traitement ou repoussent une consultation en pensant qu’un complément alimentaire fera le travail. Pendant ce temps, le diabète continue d’évoluer.

La prise en charge du diabète repose aujourd’hui sur des recommandations médicales précises et sur des traitements ayant démontré leur efficacité pour contrôler le taux de sucre dans le sang, protéger le cœur et les reins, tout en limitant les hypoglycémies sévères. Les compléments alimentaires ne remplacent pas cette prise en charge.

Le Dr Tandamba recommande de demander l’avis d’un professionnel de santé avant de commencer ce type de produit, de lire sa composition et de signaler tout complément déjà utilisé. Il rappelle aussi qu’il ne faut jamais abandonner un traitement prescrit au profit d’une promesse vendue sur une boîte. Une alimentation équilibrée et une activité physique adaptée restent des bases essentielles du suivi du diabète.

Madina Belemviré

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