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Hémorragie du post-partum : la SOGOB mobilise les sages-femmes dans le combat contre les décès maternels

Elles accompagnent les femmes pendant la grossesse, sont présentes au moment de l’accouchement et restent souvent les premières à intervenir lorsqu’une urgence survient. À Ziniaré, les sage-femmes ont désormais une nouvelle mission qui est de porter le plaidoyer contre l’hémorragie du post-partum, l’une des complications qui coûte le plus de vies maternelles au Burkina Faso. Une initiative portée par la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB), qui multiplie les actions pour accélérer la réduction de la mortalité maternelle.

A Ziniaré, des sage-femmes venues de plusieurs régions participent à un atelier de plaidoyer organisé par la SOGOB les 3 et 4 août 2026 avec l’appui financier de la Fondation Gates à travers Enda Santé et de KENAYA Impact. En les dotant d’outils de communication et de plaidoyer, la société savante veut renforcer leur rôle bien au-delà de la prise en charge des accouchements. L’ambition est d’en faire des relais capables de sensibiliser les communautés, d’interpeller les décideurs et de soutenir les actions en faveur de la lutte contre l’hémorragie du post-partum.

Cette démarche s’inscrit dans le combat que mène la SOGOB depuis plusieurs années contre cette urgence obstétricale, qui demeure l’une des premières causes de décès maternels au Burkina Faso. Malgré les progrès enregistrés, le pays affiche encore un ratio de 198 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes, selon l’Enquête démographique et de santé de 2021. Près de 40 % de ces décès sont liés à l’hémorragie du post-partum.

Pour le Pr Yobi Alexis Sawadogo, point focal de la lutte contre l’hémorragie du post-partum à la SOGOB, les sage-femmes occupent une place stratégique dans cette réponse. « Les sage-femmes sont au premier plan. Ce sont elles qui reçoivent les patientes et qui assurent les premiers gestes avant une éventuelle référence », rappelle-t-il. Au-delà des soins, elles sont appelées à devenir des actrices de mobilisation. En maîtrisant davantage les enjeux de cette complication et les messages de plaidoyer, elles pourront sensibiliser les populations, dialoguer avec les autorités locales et encourager l’adoption de mesures favorables à la santé maternelle.

Pr Alexis Yobi Sawadogo, Point focal de la lutte contre le HPP

Les efforts de la SOGOB commencent d’ailleurs à produire des résultats. À l’issue d’un plaidoyer mené auprès des autorités sanitaires, la carbétocine, médicament de référence pour la prévention de l’hémorragie du post-partum, a été commandée par le ministère de la Santé. « C’est une grande avancée. Nous espérons qu’elle sera disponible dans les formations sanitaires dans les trois prochains mois », se réjouit le Pr Sawadogo.

À travers cette rencontre, la SOGOB entend consolider cette dynamique en s’appuyant sur les sage-femmes. L’objectif est de renforcer un réseau de professionnelles capables d’agir à la fois auprès des femmes, des communautés et des partenaires afin de faire reculer durablement les décès liés à l’hémorragie du post-partum.

Madina Belemviré

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