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Violences basées sur le genre en milieu de santé : le projet « Imarisha » lancé pour mieux protéger les agents de santé

Mieux protéger les agents de santé pour renforcer les soins de santé primaires. C’est l’ambition du projet de recherche « Imarisha », officiellement lancé ce vendredi 26 juin 2026 à Ouagadougou. Portée par un consortium international, cette initiative vise à mieux comprendre les violences basées sur le genre en milieu de travail afin de contribuer au renforcement des politiques de protection des professionnels de santé et, à terme, d’améliorer la qualité des soins.

Insultes, intimidations, harcèlement ou encore violences entre collègues ou avec les usagers… Les violences basées sur le genre en milieu professionnel touchent également les structures de santé. Souvent peu documentées, elles affectent pourtant les conditions de travail des agents de santé, leur motivation et, par ricochet, la qualité des soins offerts aux populations.

C’est pour mieux comprendre cette réalité et proposer des solutions fondées sur des preuves que le Centre de Recherche en Santé de Nouna de l’Institut national de santé publique (INSP), en collaboration avec l’Association Recherche pour la Santé et le Développement (RESADE), l’Université des Nations Unies en Malaisie, l’Université du Western Cape en Afrique du Sud et l’Ifakara Health Institute en Tanzanie, met en œuvre le projet de recherche « Imarisha : Renforcer les soins de santé primaires en s’attaquant aux violences basées sur le genre en milieu de travail ». Selon les initiateurs, cette étude internationale doit permettre de produire des données scientifiques afin d’alimenter les politiques de protection des personnels de santé.

Présidée par le représentant du Directeur général de l’Institut national de santé publique, Dr Firmin Kaboré, la cérémonie de lancement a réuni chercheurs, responsables de structures sanitaires, organisations de la société civile et partenaires techniques autour des enjeux du projet.

Dr Firmin Kaboré, représentant du Directeur général de l’Institut national de santé publique

Dans son intervention, Dr Firmin Kaboré a rappelé que les agents de santé constituent le socle du système sanitaire burkinabè. Leur sécurité et leur bien-être, a-t-il souligné, sont des conditions essentielles pour garantir des soins accessibles, de qualité et respectueux de la dignité des patients.

Les responsables du projet ont rappelé que les agents de santé primaires représentent l’épine dorsale de tout système de santé performant. Pourtant, ils bénéficient encore de peu de mécanismes de protection face aux violences auxquelles ils sont exposés dans l’exercice de leurs fonctions. Ces situations peuvent compromettre leur sécurité, leurs performances et la qualité des soins, tout en fragilisant la relation entre soignants et patients.

Pour Dr Seynou Mariam, chercheuse au Centre de Recherche en Santé de Nouna, cette recherche constitue une première au Burkina Faso.

« Pour une première fois, nous allons nous attaquer aux problèmes vécus par les agents de santé. Dans les structures sanitaires, les violences sont fréquentes, qu’elles surviennent entre usagers et prestataires ou entre collègues. »

Dr Seynou Mariam, chercheuse au Centre de Recherche en Santé de Nouna

L’étude sera conduite dans quatre régions sanitaires du Burkina Faso : le Kadiogo, le Guiriko, le Bankui et le Nazinon. Les districts sanitaires de Boulmiougou, Saponé et Boromo figurent notamment parmi les sites retenus pour cette première phase de recherche.

Au-delà de la production de connaissances, le projet entend mobiliser les autorités sanitaires, les partenaires au développement et les organisations engagées dans la lutte contre les violences basées sur le genre afin que les résultats de la recherche puissent être traduits en actions concrètes et en politiques de protection des agents de santé.

À cette occasion, Dr Firmin Kaboré a appelé l’ensemble des parties prenantes à accompagner activement la mise en œuvre du projet « Imarisha », afin de contribuer à la création d’un environnement de travail plus sûr et plus équitable pour les professionnels de santé.

Malick Sankara

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