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Papillomavirus : 17,7 % des hommes testés à Ouagadougou porteurs d’un HPV à haut risque

Ouagadougou- Une étude menée à Ouagadougou entre décembre 2015 et février 2016 a retrouvé un papillomavirus humain (HPV) à haut risque chez 22 des 124 hommes examinés, soit 17,7 %. Les participants avaient été recrutés dans trois cliniques de la capitale alors qu’ils réalisaient un bilan de fertilité. L’étude a été relayée sur Facebook par le Dr Isaac Alvarez Ouédraogo.

Réalisée par des chercheurs du CERBA/LABIOGENE, l’étude a recherché 14 types de HPV connus pour pouvoir provoquer des lésions précancéreuses et des cancers. Treize ont été retrouvés chez les participants. Le HPV 56 était le plus fréquent, avec 20 % des cas. Les HPV 31, 39 et 68 représentaient chacun 11 %. Chez 10 des 22 hommes positifs, plusieurs types de HPV étaient présents en même temps.

Le HPV est une infection sexuellement transmissible. Chez l’homme, elle ne provoque souvent aucun symptôme et peut disparaître spontanément. Un homme infecté peut toutefois transmettre le virus à sa partenaire. Lorsque l’infection par un HPV à haut risque persiste chez une femme, elle peut entraîner des lésions du col de l’utérus et, après plusieurs années, évoluer vers un cancer.

L’étude montre également que les HPV 16 et 18 représentaient ensemble 14 % des infections identifiées. Ce sont deux des principaux types ciblés par les vaccins contre le HPV. Les autres types retrouvés, notamment les HPV 56, 39, 35 et 52, ont déjà été identifiés dans des études réalisées chez des femmes à Ouagadougou et dans d’autres localités du Burkina Faso.

Pour les auteurs, la présence de ces différents types de HPV doit être prise en compte dans les stratégies de prévention et de vaccination au Burkina Faso.

Le chiffre de 17,7 % doit toutefois être interprété avec prudence. Les 124 participants n’ont pas été choisis pour représenter tous les hommes du Burkina Faso. Ils étaient venus consulter pour un bilan de fertilité. On ne peut donc pas dire que 17,7 % des hommes burkinabè sont porteurs d’un HPV à haut risque. À titre de comparaison, l’Organisation mondiale de la Santé estime à au moins 19,1 % la proportion d’hommes infectés par un HPV en Afrique subsaharienne.

Autre élément à prendre en compte : le document disponible est un preprint, c’est-à-dire une étude mise en ligne avant sa validation par des chercheurs indépendants. Il a été déposé sur Research Square en décembre 2019. Ses résultats doivent donc être considérés avec cette réserve.

L’étude évoque également un possible lien entre le HPV et les anomalies du sperme. Mais ses propres résultats ne permettent pas de l’affirmer. Le virus a été retrouvé chez 17,6 % des hommes présentant une anomalie du sperme, contre 18,8 % chez ceux dont le sperme ne présentait pas cette anomalie. L’écart observé n’est pas suffisamment important pour établir un lien entre le HPV et l’infertilité masculine.

L’intérêt de l’étude se situe donc surtout ailleurs : elle apporte des données sur les types de HPV présents chez des hommes au Burkina Faso, alors que les recherches nationales se sont davantage intéressées aux femmes.

En pratique, il n’existe pas de dépistage systématique du HPV recommandé chez l’homme. La prévention repose notamment sur la vaccination et la réduction du risque de transmission. Chez les femmes, le dépistage des lésions précancéreuses du col de l’utérus reste essentiel pour prévenir le cancer.

Les auteurs recommandent ainsi d’intégrer davantage les hommes dans les stratégies de prévention et plaident notamment pour une réflexion sur la vaccination des garçons au Burkina Faso, en tenant compte des types de HPV identifiés dans le pays.

Madina Belemviré 

Source :Tamini S.F.B., Zohoncon T.M., Soubeiga S.T. et al., « Carriage of high-risk human papillomavirus infection in male subjects in Ouagadougou, Burkina Faso », *Research Square* (preprint), 10 décembre 2019, DOI : 10.21203/rs.2.18484/v1. **Étude portée à notre connaissance à travers une publication Facebook du Dr Isaac Alvarez Ouédraogo.

 

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