Fistule obstétricale : après 20 ans de souffrance, elle retrouve enfin le sourire à Ziniaré
Elle a attendu près de vingt ans. Vingt années à vivre avec une fistule obstétricale, loin d’une vie normale. Ce jeudi 24 septembre 2026 à Ziniaré, cette femme de 60 ans a enfin été opérée. Une intervention qui pourrait bien marquer le début d’un nouveau chapitre de sa vie.

À 60 ans, elle n’a pas eu à attendre davantage. Venue à Ziniaré dans le cadre de la campagne d’examen et de prise en charge de la fistule obstétricale organisée par la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina (SOGOB), la sexagénaire a été examinée puis opérée. Sa maladie, elle la connaissait depuis près de deux décennies.
Vingt ans avec une fistule obstétricale. Vingt ans, c’est long. Assez long pour que la maladie s’installe dans le quotidien et que le silence finisse par devenir une seconde nature. Ce jeudi, pourtant, quelque chose a changé. Sur les neuf patientes examinées au cours de la campagne, elle est la seule à avoir bénéficié d’une intervention chirurgicale.

Pour le Dr Dieudonné Ouédraogo, gynécologue-obstétricien, chirurgien des fistules obstétricales, chef du service de maternité de l’hôpital protestant Schiphra et secrétaire général de la SOGOB, ce chiffre ne dit pas tout.
« Notre campagne vise à apporter un soulagement à la souffrance des personnes en apportant une réponse à leur détresse », explique-t-il.
La maladie se manifeste notamment par une perte incontrôlée d’urines due à la formation d’un orifice anormal à la suite de complications obstétricales. Mais ses conséquences ne s’arrêtent pas au corps. La honte, l’isolement et la difficulté à accéder aux soins peuvent prolonger la souffrance pendant des années. Et certaines femmes restent invisibles.
Selon le Dr Dieudonné Ouédraogo, les chiffres disponibles sur la fistule obstétricale au Burkina Faso sont probablement en dessous de la réalité. Beaucoup de femmes ne se présentent pas dans les structures de santé et ne sont donc jamais comptabilisées.

La sexagénaire de Ziniaré après vingt ans, a enfin pu bénéficier d’une intervention. Une opération ne résume évidemment pas tout le chemin parcouru, mais elle ouvre une porte là où la maladie semblait avoir installé son quotidien.
« La fistule n’est pas une fatalité. Elle se soigne », rappelle le secrétaire général de la SOGOB.
À travers cette campagne, organisée dans le cadre des 9èmes Journées régionales de gynécologie-obstétrique, la SOGOB veut aussi rappeler que derrière les statistiques se trouvent des femmes qui attendent parfois depuis des années une prise en charge.
À Ziniaré, ce jeudi, l’une d’elles a enfin pu commencer à tourner la page.
Lassane Ouédraogo

