Cancer du sein et du col : à Ziniaré, elles ont choisi de ne plus avoir peur
Elles sont venues avec leurs interrogations, parfois avec de l’appréhension. À Ziniaré, ce jeudi 24 septembre 2026, des femmes ont poussé la porte de la salle polyvalente pour parler de cancer du sein et du col de l’utérus, mais surtout pour se faire dépister. Une démarche simple en apparence, mais qui demande parfois de dépasser la peur du résultat.

Dans la cour de la salle polyvalente de Ziniaré, les femmes arrivent, attendent leur tour, échangent quelques mots. Certaines sont venues par curiosité. D’autres parce qu’elles ont entendu parler de la campagne. Et pour quelques-unes, c’est peut-être la première fois qu’elles se soumettent à un dépistage.
L’activité, organisée dans le cadre des 9èmes Journées régionales de gynécologie-obstétrique de la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB), associe sensibilisation et dépistage gratuit du cancer du sein et du col de l’utérus.
Deux cancers qui font peur, mais dont les conséquences peuvent être limitées lorsqu’ils sont détectés suffisamment tôt.
« Avant, nous avions peur », confie Esther Ouédraogo/Bonkoungou, l’une des bénéficiaires. Après les explications des sages-femmes, son regard sur le dépistage a changé. « Aujourd’hui, elles nous ont rassurées. La peur s’est dissipée parce que nous avons compris que même lorsqu’une lésion précancéreuse est détectée, elle peut être traitée à temps avant d’atteindre un stade critique », témoigne-t-elle.
C’est justement cette peur que les professionnelles de santé cherchent à déconstruire. Car face au mot « cancer », il y a souvent l’angoisse d’un diagnostic, la peur de la maladie ou encore la crainte de ne pas pouvoir être prise en charge.
Pour Salamatou Ouédraogo, sage-femme mobilisée pour l’activité, le dépistage permet surtout de ne pas attendre l’apparition de signes graves avant d’agir. « Le dépistage permet de prévenir et de mieux prendre en charge ces pathologies », explique-t-elle.
Elle rappelle également l’importance de respecter les recommandations de dépistage et de consulter les professionnels de santé plutôt que de se fier aux nombreuses informations qui circulent sur les réseaux sociaux ou dans l’entourage.

Au-delà des examens, la campagne veut donc transmettre un message. Parler de ces cancers, c’est déjà commencer à les combattre. S’informer, se faire dépister et consulter en cas de signe inhabituel permettent de mettre toutes les chances du côté de la femme.
À Ziniaré, ce jeudi, certaines sont reparties avec un résultat, d’autres avec des conseils. Mais beaucoup sont surtout reparties avec un peu moins de peur et davantage de connaissances sur leur propre santé.
Les 9èmes Journées régionales de gynécologie-obstétrique de la SOGOB se poursuivent jusqu’au 26 septembre 2026 à Ziniaré.
Lassane Ouédraogo

