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Cancer de la prostate : le danger se cache parfois dans le silence

Il peut se développer sans douleur, sans gêne et sans signe apparent. Au Burkina Faso, le cancer de la prostate est le premier cancer masculin. Pourtant, beaucoup d’hommes découvrent la maladie alors qu’elle a déjà progressé. Le Dr Boureima Ouédraogo, urologue-andrologue, alerte sur l’importance du dépistage précoce.

Un homme peut se sentir parfaitement bien et pourtant avoir un cancer de la prostate. Pas de douleur, pas de difficulté à uriner, aucun signe qui laisse penser que quelque chose ne va pas. C’est l’une des particularités de cette maladie. A ses débuts, elle avance souvent sans se faire remarquer.

« Au stade localisé, le cancer est souvent asymptomatique », explique le Dr Boureima Ouédraogo. Lorsque les troubles urinaires apparaissent, la maladie peut déjà être à un stade avancé.

Envies fréquentes d’uriner, surtout la nuit, jet urinaire faible, difficulté à commencer à uriner, sensation de ne pas avoir complètement vidé sa vessie… Ces manifestations doivent conduire à consulter. La présence de sang dans les urines ou le sperme et les douleurs osseuses peuvent également être des signes d’alerte.

Au Burkina Faso, le cancer de la prostate représente plus du tiers des cancers diagnostiqués chez les hommes. Il occupe ainsi la première place des cancers masculins. Mais les chiffres pourraient être sous-estimés, notamment en raison des diagnostics tardifs.

L’âge reste le principal facteur de risque. La vigilance doit augmenter à partir de 50 ans. Elle est recommandée dès 45 ans chez les hommes noirs, particulièrement exposés. Avoir un père ou un frère atteint de ce cancer augmente également le risque.

Le dépistage ne doit donc pas attendre les premières douleurs ou les difficultés urinaires. Il repose notamment sur le dosage du PSA et la consultation médicale. « Il est conseillé aux hommes de 50 ans, dès 45 ans chez les sujets noirs, de se faire dépister régulièrement, même en l’absence de signe », insiste le spécialiste.

Mais ce qu’il faut savoir, c’est que le cancer de la prostate n’est pas une condamnation. Lorsqu’il est détecté tôt, il peut être traité efficacement, voire guéri. Chirurgie, radiothérapie, hormonothérapie ou chimiothérapie. Les options existent au Burkina Faso, même si leur coût et leur accessibilité restent des défis.

En ce mois de Novembre bleu, le message du Dr Boureima Ouédraogo est clair : les hommes ne doivent pas attendre que leur corps leur rappelle qu’ils ont une prostate. À partir de 45 ans, prendre rendez-vous pour un dépistage est déjà un acte de prévention.

Madina Belemviré

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