Santé publique : le ministère veut parler aux populations dans leurs langues
Du 2 au 30 novembre 2026, les messages de santé publique seront au cœur d’une campagne nationale en langues nationales. L’objectif est de rapprocher les services de santé des populations, de répondre à leurs préoccupations et de les aider à mieux protéger leur santé.

Comprendre un message de santé, c’est déjà pouvoir agir pour sa santé. Mais encore faut-il que ce message soit accessible à tous. C’est tout l’enjeu du « Mois de la communication sanitaire en langues nationales », annoncé par le ministre de la Santé, Lucien Jean-Claude Kargougou, lors d’une conférence de presse tenue le mardi 27 octobre 2026 à Ouagadougou.

Du 2 au 30 novembre, plusieurs activités seront organisées sur l’ensemble du territoire national pour rapprocher l’information sanitaire des populations.
« Le ministère de la Santé nous parle dans nos langues » : c’est le slogan retenu pour cette initiative. À travers cette campagne, le département entend encourager l’adoption de bonnes pratiques en matière de santé publique, en tenant compte des réalités linguistiques des différentes communautés.
Pour le ministre, cette démarche s’inscrit dans un contexte où le secteur de la santé occupe une place importante dans les priorités nationales. Il s’est notamment réjoui de la part de 12 % du budget de l’État consacrée à la santé, malgré le contexte sécuritaire difficile. Il a également rappelé les acquis enregistrés dans le secteur depuis septembre 2022.
Au-delà de la diffusion des informations, le ministère veut surtout instaurer un dialogue avec les citoyens. « En matière de santé, une information comprise peut protéger une vie. Une bonne information peut prévenir une maladie, dissiper une peur et aider une personne à prendre la bonne décision au bon moment », a souligné Lucien Jean-Claude Kargougou.
L’initiative doit ainsi permettre aux populations de mieux comprendre les actions menées dans le secteur sanitaire, mais aussi de poser leurs questions et d’exprimer leurs préoccupations aux professionnels de santé. « Nous ne voulons pas seulement parler de santé aux populations. Nous voulons leur parler dans leurs langues, les écouter, répondre à leurs préoccupations et leur permettre de devenir pleinement actrices de leur propre santé », a-t-il précisé.
Un mois pour informer et écouter
Les médias de proximité seront au cœur de cette campagne. Émissions interactives, capsules thématiques et interventions de spécialistes offriront aux auditeurs des occasions d’échanger directement avec les professionnels de santé.
La première semaine sera consacrée à la redevabilité. Il s’agira de présenter les actions, les réformes et les réalisations du secteur de la santé depuis septembre 2022. Une émission spéciale en langue mooré est annoncée sur Radio Burkina, le samedi 31 octobre 2026 à 10 heures, avec une retransmission par les radios partenaires.
Les trois semaines suivantes seront consacrées aux problématiques sanitaires propres aux différentes régions du Burkina Faso. Des émissions seront produites dans les langues nationales utilisées dans les régions concernées, avec la participation d’experts de la santé. Les questions des auditeurs y occuperont une place importante.
À travers cette initiative, le ministère entend faire de la communication sanitaire un véritable outil de proximité, où l’information ne se limite pas à être diffusée, mais doit aussi être comprise et discutée par ceux auxquels elle s’adresse.
MBH

