Morsure de serpent : Comment le venin peut provoquer une insuffisance rénale aiguë
La morsure de serpent est un problème fréquent, mais souvent négligé, dans nos régions. Si l’on associe généralement ce danger au venin, il existe aussi un autre risque mortel à savoir l’étouffement. Les spécialistes nous explique comment une morsure de serpent peut entraîner des complications graves, notamment une insuffisance rénale, parfois sans que l’on comprenne immédiatement le lien.

La morsure de serpent est une maladie tropicale négligée ( MTN) et un problème majeur dans de nombreuses régions, en particulier au Burkina Faso, où plus de 15 000 morsures sont enregistrées chaque année, dont plus de 60% concernent des enfants de moins de 15 ans.
Toutefois, lorsqu’on parle de serpents, on pense souvent à la morsure, mais ce n’est pas le seul danger. En effet, un serpent peut aussi causer la mort par constriction, c’est-à-dire en s’enroulant autour de sa victime pour l’étouffer. Bien que ce type de danger soit moins fréquent dans nos régions, il reste bien réel.
Lorsqu’un serpent mord, son venin pénètre dans l’organisme de la victime. Ce venin contient plusieurs toxines qui peuvent avoir un impact direct ou indirect sur les organes internes, dont les reins. Les spécialistes expliquent que l’insuffisance rénale causée par une morsure de serpent peut se produire de deux manières distinctes.
Premièrement, le venin attaque directement les reins. Il peut provoquer des destructions cellulaires dans les reins, affectant leur capacité à filtrer correctement le sang et à éliminer les déchets. Ce processus conduit à une défaillance rénale. Concrètement, certaines parties des reins sont endommagées et perdent leur fonction, ce qui peut entraîner une insuffisance rénale aiguë si ce n’est pas traité à temps.
La deuxième façon plus indirecte, est liée aux effets du venin sur le système sanguin. Le venin peut provoquer des hémorragies ou saignements internes. Ces saignements, parfois graves, affectent divers organes, y compris les reins. En cas de perte de sang importante, les reins manquent suffisamment de sang pour fonctionner correctement, ce qui peut causer des dommages irréversibles à ces organes.
En plus de ces effets directs et indirects, les morsures de serpent peuvent aussi entraîner des infections graves. Les serpents, en particulier les vipères, transportent des bactéries dans leur bouche. Lorsque ces bactéries pénètrent dans le corps par la morsure, elles peuvent se propager, provoquant une infection systémique. Cette infection peut toucher les reins et entraîner une insuffisance rénale si elle n’est pas traitée rapidement.
Le venin du serpent ne se contente pas d’attaquer les reins. Il peut aussi causer des dégâts à d’autres organes vitaux, affecter le cœur, provoquer des troubles nerveux, et même entraîner la destruction de cellules sanguines, e qui complique encore le tableau clinique d’une morsure de serpent.
Les serpents responsables de ces morsures dans notre région sont principalement les vipères. Leur venin est particulièrement dangereux et peut causer des dégâts importants. Mais d’autres serpents venimeux, comme les mambas et les najas, bien que moins fréquents, peuvent également être une menace. Ces serpents, bien que peu nombreux, représentent un danger mortel en raison de la toxicité de leur venin.
La morsure de serpent est un danger mortel dont les conséquences peuvent être multiples et complexes. Un traitement rapide et adéquat est indispensable pour éviter les conséquences fatales telles que l’insuffisance rénale ou même la mort.
Madina Belemviré
