⚠️ Pour une expérience optimale et sécurisée, veuillez activer JavaScript.

Observer les organes génitaux de votre enfant : pourquoi la vigilance des parents est essentielle

Soyons honnêtes, les parents sont de vrais détectives de la petite enfance. Un bobo sur le genou ? On dégaine le désinfectant. Un éternuement de travers ? On appelle presque le pédiatre. Mais pour ce qui se passe « en bas », ils ne font pas souvent attention à ce détail et certaines anomalies passent totalement inaperçues.

Dr Abdoul Karim Ouattara, urologue andrologue

Pourtant explique le Dr Abdoul Karim Ouattara, urologue andrologue, ces anomalies sont loin d’être rares. Chez les garçons, plusieurs situations sont fréquentes. Les testicules, par exemple, n’arrivent pas toujours à descendre correctement dans le scrotum (la petite poche sous le pénis), c’est ce qu’on appelle la cryptorchidie. Parfois, l’ouverture de l’urètre, le petit canal qui permet d’uriner n’est pas située au bon endroit, mais en dessous du pénis, c’est l’hypospadias. Enfin, il peut arriver que le prépuce, c’est-à-dire la petite peau qui recouvre le gland, soit trop serré, c’est ce qu’on appelle le phimosis.

Chez les filles, les petites lèvres peuvent parfois se coller partiellement entre elles, on parle de synéchies. L’hymen, cette fine membrane qui ferme partiellement l’entrée du vagin, peut parfois être complètement fermé, empêchant l’écoulement normal des règles plus tard. Dans de très rares cas, la nature complique davantage les choses et rend difficile de distinguer clairement le sexe à la naissance. On parle alors d’anomalies de la différenciation sexuelle.

Ces anomalies, renseigne le spécialiste, apparaissent souvent pour plusieurs raisons. Elles peuvent être liées à des antécédents familiaux, à certaines influences pendant la grossesse comme l’exposition à des substances qui perturbent les hormones, ou encore à une naissance prématurée, qui augmente le risque de testicules non descendus. Dans bien des cas, il s’agit d’un mélange de facteurs.

Pour détecter tôt ces anomalies, l’examen des organes génitaux devrait commencer dès la naissance et se poursuivre régulièrement lors des changes ou du bain. “Vers 2-3 ans, une vigilance particulière est nécessaire, car certaines anomalies, comme les testicules non descendus, doivent être traitées rapidement pour éviter des complications futures”, soutient Dr Ouattara.

Un diagnostic précoce permet d’éviter des complications comme l’infertilité ou les infections, et de planifier le traitement le plus adapté. Selon le cas, il peut s’agir d’une simple surveillance, d’un geste local, ou dans certains cas d’une chirurgie reconstructrice. Au Burkina Faso, les moyens de prise en charge existent, et les spécialistes savent guider les parents pas à pas.

Le Dr Abdoul Karim Ouattara rappelle :”Observez bien les parties intimes de vos enfants, ne tirez jamais sur un prépuce serré, ne tentez pas de décoller des lèvres collées. Et dès que vous avez un doute, consultez.”

Madina Belemviré

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

dix-huit − treize =