Ouagadougou : une communauté de pratique se penche sur les violences basées sur le genre
Ils ne sont pas venus pour dresser un constat de plus. Mais pour parler entre eux, comparer ce qui marche, admettre ce qui bloque et chercher ensemble des solutions. Ce mercredi 24 septembre 2025, à Ouagadougou, SOS Jeunesse et Défis, avec l’appui du projet Alliance Transformative et du réseau Alliance Droits et Santé, a réuni associations et institutions autour d’une communauté de pratique.

Le principe est clair, offrir un espace régulier où ceux qui travaillent sur le terrain confrontent leurs expériences et partagent leurs acquis. L’enjeu est de sortir du cloisonnement et d’éviter que chaque structure avance seule, alors que toutes poursuivent les mêmes objectifs. « Une communauté de pratique, c’est un espace d’échanges entre praticiens et partenaires. Aujourd’hui, nous parlons des violences basées sur le genre, un problème qui prend de l’ampleur dans un contexte marqué par l’insécurité », a expliqué Étienne Koula, de SOS Jeunesse et Défis. Pour lui, ce type de cadre doit aider à transformer les discussions en actions concertées.

Cette rencontre n’est pas une première. SOS Jeunesse et Défis avait déjà porté la plateforme Shared Burkina Faso, qui rassemblait différents acteurs pour réfléchir aux mêmes enjeux. Mais avec la communauté de pratique, l’ambition est d’aller plus loin. Consolider les acquis, approfondir la collaboration et inscrire les échanges dans la durée.
Pour Landry Hien , secrétaire technique du réseau Alliance Droits et Santé, le défi est de taille. « Bien vrai que depuis des décennies nous menons des activités de lutte contre les violences basées sur le genre, mais les pesanteurs socioculturelles continuent de freiner les avancées. Il est nécessaire de trouver de nouvelles stratégies pour que ce fléau recule », a-t-il rappelé. Ses propos rappellent qu’au-delà des projets et des financements, les mentalités restent un obstacle majeur.

La présence d’institutions publiques, comme le ministère en charge des droits humains et du genre, a été relevée comme un signal positif. Car la lutte contre les violences basées sur le genre ne peut pas être portée uniquement par les organisations de la société civile. Elle demande une mobilisation conjointe, avec des relais à tous les niveaux.
Madina Belemviré

