Quand on s’embrasse, on partage des sensations et parfois des microbes
Le baiser, c’est deux bouches qui se collent, s’ouvrent, se mélangent, et se passent des choses qu’on ne voit pas au microscope mais que la nature adore faire circuler. On ne va pas arrêter de s’embrasser, calmons-nous, mais on peut comprendre ce qui se joue, sans chichi.

S’embrasser, c’est comme un sport. Et comme dans tous les sports, il y a des catégories. D’abord, les champions du baiser sec et efficace, genre « bisou administratif », posé sur la bouche façon signature de contrat. Ensuite, les romantiques. Ceux qui ferment les yeux, penchent la tête, retiennent leur souffle, et espèrent que ça va être un moment magique. Alors qu’en vrai, ça dépend surtout si l’autre a mangé de l’ail ou pas. Puis il y a les cascadeurs . Les dents qui se cognent, ça fait clac, tout le monde se regarde avec dignité, alors que chacun veut hurler “aïe !”. C’est un accident buccal des dents, mais personne ne veut reconnaître le tord. Enfin, viennent les explorateurs. La langue en mode inspecteur, qui visite chaque coin comme si elle cherchait qui a accusé le CM de bulletin santé de “frapper ahoco. C’est passionné, c’est humide, et parfois on se demande si on est embrassé ou avalé.
Mais peu importe la technique, le corps, lui, adore ça. Dès qu’on s’embrasse, le cerveau s’agite, on devient tendre, confus, un peu collant, et on interprète vite ça comme de l’amour. Des études (SCIRP, Allo Health, British Council, Scientific American) montrent que le baiser déclenche des hormones comme l’ocytocine, la dopamine ou la sérotonine, ce qui crée une sensation de rapprochement très forte, même quand on connaît à peine la personne. C’est pour ça que parfois, après trois baisers, vous imaginez déjà une histoire. Calmez-vous, ce sont vos hormones qui ont pris le volant sans permis. Un baiser passionné mobilise aussi des muscles du visage, active des nerfs sensibles, et peut suffire à rendre quelqu’un attachant, juste parce que vos bouches se sont croisées quelques secondes.
Mais au-delà des bisous et du romantisme, il faut reconnaître que la bouche contient beaucoup de microbes. Pas parce qu’on est sale, mais parce que c’est normal. On mange, on boit, on parle, on respire, certains mâchent du chewing-gum comme s’ils payaient un abonnement mensuel. Donc quand on s’embrasse, on ne partage pas seulement de l’amour, on partage aussi des petites choses qu’on ne voit pas.
Parmi ces petites choses, certaines peuvent rendre malade. Par exemple, explique le Dr Fatao Bougsery, chirurgien dentiste, on peut avoir l’herpès labial, ce fameux bouton qui apparaît sur la lèvre quand on est fatigué ou stressé. Ça pique, ça brûle, et surtout, ça se transmet très facilement par le baiser. Et puis il y a la mononucléose, qu’on appelle souvent « la maladie du baiser ». Ça donne une grosse fatigue, de la fièvre, et parfois mal à la gorge. Ce n’est pas toujours grave, mais ça peut clouer quelqu’un au lit pendant des semaines. Et ce qui est fou, c’est que les gens minimisent toujours : “C’est rien, juste un petit bouton.” Oui, un petit bouton qui travaille en freelance, voyage, colonise et laisse son CV sur toutes les bouches de la famille. Tu embrasses ton chéri, ton chéri embrasse le bébé, le bébé touche mamie, et boum, tout le monde tombe malade dans la maison.

Mais cela ne veut pas dire qu’il faut arrêter de s’embrasser. Mais on peut être prudent. Quand on est malade, qu’on tousse, ou qu’on a un bouton de fièvre, on fait une petite pause sur les bisous profonds. Autre petit détail, prévient le Dr Bougsery, on ne partage pas la brosse à dents, ni ce qu’on utilise pour nettoyer la bouche. Même mariés. Je sais, certains vont dire “mais on partage tout !” Oui, partagez loyer, orgasmes, mais pas les outils qui servent à brosser un espace où des microbes se promènent.
On peut s’aimer, s’embrasser, s’amuser sans transformer nos familles en zones de quarantaine. Parce que l’amour, c’est sexy, la contagion, beaucoup moins.
Madina Belemviré

