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Recherche scientifique en Afrique: Le leadership féminin encore freiné par plusieurs obstacles

La recherche scientifique en Afrique reste encore largement dominée par les hommes, alors même que de nombreuses femmes participent activement au développement du continent. Plusieurs expertes du monde académique et de la santé estiment aujourd’hui qu’il est urgent de lever les obstacles qui freinent la progression des femmes dans les carrières scientifiques.

Cette question a été au centre d’un webinaire organisé le 12 mars 2026 dans le cadre des activités marquant la Journée internationale des droits des femmes. La rencontre, coorganisée par Speak Up Africa, Gawani Africa, Les Voix, Africa Center for Health Systems and Gender Justice et Youterus, a réuni des spécialistes de la recherche et de la santé autour du thème consacré à la promotion du leadership féminin dans la recherche et le développement en matière de santé en Afrique.

L’objectif de ce dialogue était notamment de sensibiliser les responsables politiques de l’Union africaine, les décideurs nationaux ainsi que les partenaires techniques et financiers à la nécessité de soutenir davantage la place des femmes dans la science.

Pour plusieurs intervenantes, la question ne concerne pas seulement l’accès aux carrières scientifiques, mais aussi la présence des femmes dans les postes de direction et dans les espaces où se prennent les décisions sur les orientations de la recherche.

Selon la professeure Coumba Touré Kane, chercheur en microbiologie et virologie des maladies infectieuses à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar, l’un des défis majeurs consiste à encourager davantage de jeunes filles à s’engager dans les carrières scientifiques et à les accompagner tout au long de leur parcours. Elle souligne notamment le rôle important que peut jouer le mentorat pour inspirer les nouvelles générations et renforcer la confiance des jeunes femmes dans leurs capacités.

Au-delà de l’accompagnement individuel, d’autres intervenantes ont insisté sur la nécessité d’améliorer l’environnement institutionnel de la recherche. Pour Dr Stellah Bosire, directrice exécutive du Africa Center for Health Systems and Gender Justice, les politiques publiques doivent davantage intégrer les perspectives et les besoins des femmes scientifiques afin qu’elles puissent participer pleinement à l’élaboration des programmes de recherche et des politiques de santé.

La question de l’accès aux financements constitue également un enjeu important. Plusieurs participantes ont souligné que de nombreuses femmes rencontrent encore des difficultés pour obtenir les ressources nécessaires à la réalisation de leurs projets scientifiques.

Pour Dr Delese Mimi Darko, Directrice générale de l’Agence africaine du médicament, les femmes scientifiques doivent être encouragées à poursuivre leurs ambitions professionnelles malgré les contraintes auxquelles elles peuvent être confrontées, notamment les responsabilités familiales ou les stéréotypes sociaux. Elle estime également qu’il est essentiel de créer davantage d’opportunités pour soutenir les innovatrices africaines et leur permettre de jouer un rôle moteur dans le développement scientifique du continent.

Dans le même esprit, Dr Angélique Sène, responsable du bio-traitement avancé des vaccins à l’Institut Pasteur de Dakar et représentante du directeur général de l’institution lors de cette rencontre, a insisté sur l’importance de préparer les nouvelles générations à embrasser les carrières scientifiques. Selon elle, l’avenir de la recherche africaine dépend aussi de la capacité du continent à encourager les jeunes filles à s’intéresser davantage aux sciences.

Au fil des échanges, une conviction s’est imposée parmi les participantes. Le renforcement du leadership féminin dans la recherche ne relève pas uniquement d’une question d’égalité. Il constitue également un levier essentiel pour stimuler l’innovation scientifique et répondre plus efficacement aux défis sanitaires auxquels l’Afrique est confrontée.

Madina Belemviré

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