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Vacciner pour sauver nos enfants : le Burkina Faso dit stop au paludisme

Chaque année, le paludisme frappe durement le Burkina Faso, et ce sont les plus petits qui paient le prix le plus lourd. En 2024, plus de 10,8 millions de cas ont été enregistrés dans les formations sanitaires, provoquant 3 523 décès, la majorité chez des enfants de moins de cinq ans. Derrière ces chiffres se cachent des familles endeuillées, des berceaux vides et des vies interrompues bien trop tôt. Ces statistiques rappellent l’urgence de protéger les plus vulnérables.

Aujourd’hui, un espoir concret existe pour réduire ces pertes, les vaccins contre le paludisme, RTS,S et R21, conçus pour protéger les enfants des formes graves de la maladie. Le Burkina Faso n’est pas seulement bénéficiaire de cette avancée. Grâce au Professeur Halidou Tinto, directeur de l’Unité de recherche clinique de Nanoro (CRUN), notre pays a joué un rôle central dans la validation et les essais cliniques de ces vaccins. Les données produites ici ont été décisives pour que l’OMS reconnaisse leur efficacité, faisant du Burkina Faso un acteur majeur de la lutte mondiale contre le paludisme.

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https://www.bulletinsante.net/vaccination-antipaludique-le-burkina-faso-passe-a-lechelle-nationale/

Les programmes pilotes menés au Ghana, au Kenya et au Malawi ont montré que ces vaccins sont sûrs et efficaces, réduisant significativement les cas graves et les hospitalisations chez les enfants. En 2024, le Cameroun est devenu le premier pays à intégrer le RTS,S dans son calendrier national de vaccination, suivi par le Burkina Faso. Lors de la première phase lancée le 5 février 2024, 27 districts répartis dans 7 régions utilisaient le RTS,S. Avec la nouvelle étape, les 43 districts restants vont débuter la vaccination avec le vaccin R21, plus disponible et moins coûteux. À partir du 15 août 2025, tous les enfants de 5 à 23 mois bénéficieront ainsi de cette protection. Chaque dose administrée est une chance pour un enfant de sourire, de courir, de jouer, de vivre.

Le Dr Madibèlè Kam, pédiatre à l’Hôpital Charles de Gaulle de Ouagadougou, explique : « Le système immunitaire des nourrissons est fragile. Sans vaccin, chaque fièvre, chaque toux peut devenir un danger. Le vaccin offre une protection réelle, un bouclier qui permet aux enfants de vivre. »

Dr Madibèlè Kam, Responsable de l’unité de vaccination à l’Hôpital pédiatrique Charles De Gaulle de Ouagadougou

Les professeurs Jean Kaboré, Président du groupe technique consultatif pour la vaccination (GTCV), Jacques Simporé, Arouna Ouédraogo, Président du Collège Sciences de la Santé Humaine et Animale, et Blami Dao, spécialiste en médecine et biologie de la reproduction, renchérissent : « Les vaccins sont des médicaments rigoureusement contrôlés. Contrairement aux rumeurs, il n’existe aucune preuve scientifique mettant en cause leur efficacité ou leur innocuité. Même s’ils sont coûteux pour les pays en développement, ils bénéficient de normes strictes avant leur mise à disposition. »

Le Dr Kam ajoute : « Avant d’introduire un nouveau vaccin, il y a des années, parfois des décennies de travaux scientifiques. Les tests et essais cliniques garantissent leur fiabilité. Tout vaccin introduit au Burkina Faso doit d’abord recevoir une pré-qualification de l’OMS, puis être validé par le groupe technique consultatif national. D’autres organes assurent un suivi constant pour vérifier la sécurité des vaccins. »

Mais le vaccin seul ne suffit pas. Il doit être associé à d’autres mesures, comme l’utilisation de moustiquaires imprégnées, la chimio prévention du paludisme saisonnier (CPS) et la lutte contre les gîtes larvaires. Ensemble, ces actions peuvent sauver des vies et offrir un avenir aux enfants burkinabè.

Les vaccins RTS,S et R21 ne sont donc pas seulement des médicaments, ce sont des boucliers d’espoir, des gestes d’amour et de protection. Grâce à l’engagement de scientifiques burkinabè et à la mobilisation nationale, chaque parent a désormais le pouvoir de dire : « Mon enfant vivra ». Vacciner son enfant contre le paludisme, c’est lui offrir la vie, le sourire et l’avenir.

Madina Belemviré

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