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Lutte contre les violences basées sur le genre : un café-débat donne la parole aux communautés au Burkina Faso

Un café-débat sur les violences basées sur le genre (VBG) a rassemblé à Ouagadougou des jeunes, des leaders communautaires, des organisations de la société civile et des acteurs institutionnels, avec l’objectif de susciter une réflexion collective et de renforcer l’engagement local contre les violences faites aux femmes et aux filles. L’initiative s’inscrit dans le cadre d’une campagne régionale de plaidoyer menée dans les six pays membres de l’Alliance Droits et Santé.

Lors des échanges, les participants ont souligné l’ampleur croissante des violences dans le pays, en particulier les violences psychologiques, physiques et sexuelles. Selon Caroline Tapsoba, de l’ONG Asmade et présidente du Réseau Alliance Droits et Santé, « rien qu’à travers l’actualité que nous lisons, on constate une recrudescence des violences dans notre société. Cela nous amène à chercher les causes profondes du phénomène afin de mettre en place des actions solides pour y faire face ». Elle rappelle que les violences basées sur le genre sont multiples, qu’elles soient « physiques, morales, psychologiques, sexuelles mais aussi économiques », et insiste sur le poids du tabou, qui « empêche les victimes de libérer la parole et rend la prise en charge plus difficile ».

Caroline Tapsoba, de l’ONG Asmade et présidente du Réseau Alliance Droits et Santé

Le café-débat a également permis d’aborder le cadre légal existant au Burkina Faso. Julie Ouédraogo, conseillère technique du ministre de la Justice et personne ressource de l’Alliance, a rappelé que des dispositions existent pour réprimer les violences, mais que le cadre reste encore peu connu : « Nous avons un texte spécifique qui réprime les violences à l’égard des femmes et des filles, et le code pénal prévoit des sanctions pour les coups et blessures ou violences morales. » Cependant, elle souligne que la loi seule ne suffit pas : « L’existence des lois a un effet dissuasif, mais ce sont surtout les actions de sensibilisation qui peuvent impacter, car certaines personnes posent des actes sans savoir qu’ils constituent des violences. »

Julie Ouédraogo, conseillère technique du ministre de la Justice et personne ressource de l’Alliance

Les participantes ont pointé du doigt les préjugés comme facteurs clés des violences, particulièrement envers les groupes vulnérables. « Ce sont souvent les stéréotypes et la méconnaissance qui conduisent à ces violences », poursuit Mme Ouédraogo, citant les personnes vivant avec un handicap, les personnes âgées ou celles en situation de vulnérabilité.

Cet espace de dialogue se voulait intergénérationnel et participatif, afin d’encourager un échange ouvert entre jeunes, OSC, autorités locales et experts. Des témoignages forts et des pistes de solutions ont émergé pour nourrir le plaidoyer national et régional, notamment autour de la sensibilisation communautaire, de la protection des survivantes et du renforcement du leadership des acteurs locaux.

L’activité entre dans le cadre du projet Alliance Transformative, piloté par l’Alliance Droits et Santé, qui vise à soutenir les mouvements citoyens pour accélérer les droits et la santé sexuels et reproductifs des femmes et des filles en Afrique de l’Ouest. Le réseau, né en 2013, regroupe 22 organisations spécialisées, ainsi que des mouvements de jeunes et de femmes actifs dans six pays que sont le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger et le Sénégal.

À l’issue du café-débat, des recommandations ont été recueillies auprès des participants. Une documentation comprenant un rapport, des photos et des citations clés sera produite afin de capitaliser l’initiative et d’enrichir les actions futures de plaidoyer.

Madina Belemviré

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