Violences faites aux femmes: « De décembre 2020 à mars 2021, sur 7000 femmes, 25,7% ont subi des violences entre partenaires intimes (ISPP)

L’institut supérieur des sciences de la population (ISSP) en collaboration avec l’Institut Bill & Melinda Gates pour la Population et la Santé de la Reproduction de l’Université de Johns Hopkins aux Etats-Unis, a organisé ce 03 février 2023 une rencontre avec l’Association des Journalistes et Communicateurs en Population et Développement. Objectif, présenter les résultats des modules Planification Familiale (PF) et Violences faites aux Femmes et Filles (VFF) du Round 9 de la plateforme de recherche PMA aux hommes des médias.

Depuis 2014, une plateforme de recherche dénommée « Performance Monitoring and Accountability, PMA2020 » a été mise en place par l’ISSP de l’Université Joseph Ki-Zerbo en collaboration avec l’Institut Bill & Melinda Gates pour la Population et la Santé de la Reproduction de l’Université de Johns Hopkins aux Etats-Unis.

L’objectif de cette plateforme est de contribuer à la réussite des programmes de planification familiale au Burkina Faso à travers des enquêtes régulières.

Ainsi, pendant cinq années de mise en œuvre (juillet 2014-décembre 2018), 6 vagues d’enquêtes ont été régulièrement faites permettant de mettre à la disposition des acteurs du monde de la santé de la reproduction en général et de la planification familiale en particulier, des indicateurs annuels actualisés et d’importantes bases de données sur des thématiques diverses en matière de santé de la reproduction.

En vue de consolider les acquis et d’intégrer de nouvelles thématiques de recherches prioritaires en santé, l’ISSP a obtenu de la Fondation Bill & Melinda Gates, la mise en place d’une troisième phase (2019-2022).

Dénommée Performance monitoring for action (PMA), cette nouvelle phase est coordonnée au niveau global par l’Institut Gates de l’Université de Johns Hopkins et l’ONG Jhpiego à travers son bureau-pays au Burkina Faso. Aussi, des innovations majeures comme le suivi longitudinal des femmes sur trois (03) ans afin de mieux comprendre la dynamique contraceptive et l’intégration d’un module spécifique sur les adolescentes ont été introduites.

Ainsi, au cours des années 2020 à 2022, le projet PMA Burkina Faso, avec l’appui de ses partenaires, a réalisé des enquêtes annuelles sur toute l’étendue du territoire national portant sur la Planification Familiale (PF), mais aussi sur d’autres thématiques telles que les violences faites aux femmes et aux filles (VFF).

L’enquête sur la planification familiale (PF) s’est déroulée de décembre 2021 à mars 2022 sur toute l’étendue du territoire national et a concerné un échantillon de 5 695 ménages dont 6 590 femmes âgées de 15-49 ans sur 234 sites de prestations de santé. À ce niveau, les résultats indiquent entre autres que les besoins non satisfaits en termes de planification familiale ont baissé entre 2014 et 2022 passants de 32 % à 16 %. Toutefois, il est à noter que 41 % des utilisatrices actuelles de méthodes contraceptives modernes n’ont pas été conseillées sur les possibles effets secondaires ou problèmes liés à la méthode choisie au moment de la consultation selon le Dr Yentèma Onadja, membre de l’équipe de recherche de la plateforme PMA.

Le Dr George Guiella, directeur adjoint de l’ISSP, par ailleurs investigateur principal du PMA, affirme qu’une telle situation indique « un problème au niveau des prestataires et qu’il y a une implication politique et programmatique dans ce sens.

Quant à la collecte des données de l’enquête sur les Vuioences faites aux femmes, elle a eu lieu entre décembre 2020 et mars 2021. Cette collecte des données a concerné environ 7000 femmes âgées de 15-49 ans reparties sur toute l’étendue du territoire national. A ce niveau, les enquêtes révèlent que de décembre 2020 à mars 2021, 25,7% des femmes enquêtées ont subi des violences entre partenaires intimes (VPI) et 16,2% des violences au sein de leurs ménages. Ces violences sont soit physiques, sexuelles ou émotionnelles.

Pour ce qui est des violences sexuelles, les enquêtes révèlent qu’elles sont de l’ordre 6,4 %. Cette situation constitue « un gros problème de développement selon le Dr George Guiella qui indiqué que dans les ménages où il y a de la violence, la productivité de ces personnes victimes pose problème.
C’est pourquoi il recommande d’élargir les politiques préventives et la réponse efficace aux VBG, dont les violences entre personnes intimes et les violences au sein des ménages.

Rachid Sow

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