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Eczéma professionnel : une maladie de la peau liée au travail

Il y a des métiers qui marquent le corps. Des mains durcies, une peau imprégnée de ciment, de farine ou d’huile. Et puis il y a ces marques visibles, et bien plus insistantes. Celles qui grattent, brûlent et fissurent la peau au fil des jours. L’eczéma professionnel fait partie de ces maladies liées au monde du travail.

Dr Mariam Lidwine Traoré Sanou, dermatologue vénérologue 

L’eczéma professionnel est une maladie de la peau directement liée au travail, explique la Dr Mariam Lidwine Traoré Sanou, dermatologue vénérologue. Il apparaît lorsque la peau est en contact, jour après jour, avec des produits irritants ou des substances qui provoquent des allergies. Ce n’est pas contagieux, mais cela peut devenir très pénible à vivre, au point de compliquer les gestes les plus simples de la journée.

Selon la dermatologue, le danger est de croire que « ça va passer ». Beaucoup de travailleurs continuent leur activité malgré les démangeaisons, les rougeurs ou les fissures, sans consulter. Pourtant, quand la maladie s’installe, elle peut durer longtemps, affecter le sommeil, l’humeur et parfois empêcher de travailler normalement.

Les signes sont souvent faciles à reconnaître, souligne Dr Sanou. La peau commence à gratter régulièrement, elle devient rouge ou plus foncée à certains endroits. De petites cloques peuvent apparaître et laisser couler un liquide clair. Avec le temps, la peau devient très sèche, pèle, se fend et fait mal, surtout quand on continue à travailler avec les mains.

Justement, les mains sont les premières touchées, rappelle la spécialiste. Dans beaucoup de métiers, elles sont l’outil principal de travail. Mais d’autres parties du corps peuvent aussi être concernées à savoir, le visage, le cou, les bras, les jambes ou les pieds, selon les produits manipulés et les conditions de travail.

Certains métiers exposent plus que d’autres. Dans le bâtiment, la peau est souvent en contact avec le ciment, les peintures et les solvants. Dans l’industrie et la mécanique, ce sont les huiles, les graisses et les produits de nettoyage. En restauration et dans l’agroalimentaire, l’eau, la farine, les épices et les lavages répétés fragilisent la peau. Les coiffeurs, les artisans du textile et les agriculteurs manipulent aussi de nombreux produits agressifs. Le personnel de santé est aussi concerné car il est exposé aux gants, aux antiseptiques, aux désinfectants, à certains médicaments et au matériel médical.

Pourquoi la peau réagit-elle ainsi ? Parce qu’à force d’être agressée, elle perd sa capacité à se protéger, explique la dermatologue. Dans certains cas, elle développe aussi une allergie à un produit précis, parfois après plusieurs années sans problème, parfois brusquement.

Dès que les symptômes durent, reviennent souvent ou s’aggravent, il est important de consulter, insiste Dr Sanou. Le professionnel de santé examine la peau et peut proposer des examens tels que des tests d’allergie pour identifier les produits responsables. Cette consultation permet au spécialiste d’adapter le traitement et donner des conseils afin de mieux se protéger au travail.

La prévention est essentielle. Elle repose sur la collaboration du dermatologue, du médecin traitant et du médecin du travail. L’objectif est la prise en charge globale alliant mesures préventives individuelle et collective par des gestes simples comme l’utilisation de gants de protection adaptés, de crèmes réparatrices, la sensibilisation sur les bonnes pratiques. Dans certaines situations l’aménagement du poste de travail peut être nécessaire.

Comme le rappelle la spécialiste, la peau est souvent le premier signal d’alerte du corps. L’écouter, c’est se donner une chance de continuer à travailler sans souffrir en silence.

Madina Belemviré

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