Les condylomes, ces boutons méconnus sur le sexe !

Les condylomes ou végétations vénériennes sont des infections sexuellement transmissibles (IST). Considérés comme la plus fréquente des infections sexuellement transmissibles virales, ils touchent indifféremment l’homme et la femme, principalement au début de la vie sexuelle. Les récidives sont courantes car une fois soignée, la maladie peut se manifester à plusieurs reprises. Comment peut-on être infecté ? Comment ils se manifestent ? Les réponses dans cet article avec le Dr Mariam Lidwine Traoré/Sanou, dermato-vénérologue exerçant à la clinique de l’Office de Santé des Travailleurs (OST).

Quelle est la cause des condylomes ?

Les condylomes sont causés par un virus appelé Human Papilloma Virus (HPV). Il existe environ 200 sous-types de ce virus classés principalement en 2 grands groupes :

– Le groupe des HPV responsables des condylomes. On parle de virus à bas risque oncogène (bas risque de cancer),
– Le groupe des HPV associés au développement de lésions précancéreuses et cancéreuses. Ce type de virus peut donc transmettre le cancer. Il s’agit des papillomavirus à haut risque oncogène (haut risque de cancer).

Comment peut-on être infecté ?

Il existe plusieurs modes de transmission :
Les HPV se transmettent par contact direct avec les lésions, essentiellement au cours des rapports sexuels. En fonction des pratiques sexuelles, le virus peut se retrouver au niveau du sexe, de l’anus, la bouche…

– Ces virus étant résistants aux conditions environnementales, une transmission indirecte par le linge de toilette ou du matériel souillé est possible, de même que par les saunas ou les jacuzzis.

– Une auto-contamination est possible (la personne se contamine en transportant le virus de la vulve ou du pénis vers l’anus par exemple),

– La transmission peut se faire de la mère à l’enfant lors de l’accouchement,

– Le risque de se faire contaminer après un seul contact sexuel avec un individu infecté est de l’ordre de 60 à 70%. Après la contamination, les premiers boutons apparaissent entre 3 mois à 1 an après l’infection initiale. Parfois plusieurs années.

Est-ce une maladie fréquente ? Avez-vous des statistiques ?

Il est difficile de donner des chiffres exacts, parce que nous n’avons pas d’étude exhaustive sur cette maladie. En plus, c’est une pathologie qui est traitée par d’autres spécialistes tels que les gynécologues, les urologues, les gastrologues, les médecins généralistes… Mais dans notre pratique, c’est la deuxième IST la plus fréquente en consultation de dermatologie.

Comment les condylomes se manifestent-ils chez l’homme et chez la femme ?

Dans les deux sexes, les condylomes se manifestent par un ou plusieurs boutons qui ne font ni mal ni de démangeaisons. Ce qui engendre un grand retard à la consultation. Ces boutons peuvent ensuite se multiplier au fur et à mesure, se regrouper et former des crêtes de coq ou donner un aspect de chou-fleur. Ils peuvent siéger sur le sexe ou ailleurs (anus, bouche).

– Chez la femme, les lésions peuvent se voir sur le pubis, la vulve, le périnée, dans le vagin ou sur le col de l’utérus.

– Chez l’homme, ils siègent le plus souvent sur le pubis, le pénis, les bourses et le méat urinaire.

 

 

 

 

 

 

 

 

Quelles sont les facteurs de risque ?

– Le fait d’avoir plusieurs partenaires sexuels et des rapports non protégés,
– L’immunodépression,
– La présence d’autres infections sexuellement transmissibles qui peuvent favoriser le développement des condylomes telle que le VIH.

Nous reviendrons prochainement sur les complications et la prise en charge.

Sources photo: service de Dermatologie.

Madina Belemviré

 

2 Comments on "Les condylomes, ces boutons méconnus sur le sexe !"

  1. Moustapha Lenne | 17 février 2022 at 9h56 | Répondre

    Salut, j’ai bien reçu votre note,mais j’ai ce genre de maladie depuis un an.C’est des boutons sur le pénis qui ne font mal,mais lorsque je veux couper ça fait mal, comment pouvez vous m’aider?

  2. HIEN N'Domakouré | 17 février 2022 at 10h15 | Répondre

    Comment cette maladie peut de soigner de nos jours ou il n’existe pas de traitement possible pour le moment.merci

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