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Accoucher ne doit plus coûter la vie : la SOGOB mobilise les partenaires

Face à une mortalité maternelle encore élevée au Burkina Faso, la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina a réuni partenaires techniques et financiers autour de solutions concrètes ce vendredi 03 avril 2026 à Ouagadougou. Entre défis organisationnels, accès difficile aux soins et innovations attendues, les acteurs plaident pour une action coordonnée afin d’éviter des décès encore trop fréquents.

La mortalité maternelle demeure une urgence quotidienne dans les maternités burkinabè. Pour le Pr Issa Ouédraogo, vice-président de la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina, la situation reste préoccupante. Selon lui, ce drame se joue aussi bien dans les salles d’accouchement qu’en dehors des structures sanitaires. Si les causes médicales existent, les difficultés organisationnelles et les retards dans l’accès aux soins pèsent lourdement dans l’issue des urgences obstétricales.

Pr Issa Ouédraogo, vice-président de la SOGOB

Dans certaines localités, notamment les zones reculées affectées par le défi sécuritaire, les femmes arrivent tardivement dans les formations sanitaires. L’accès difficile, surtout la nuit, retarde la prise en charge. À cela s’ajoute la méconnaissance des signes de danger au niveau communautaire. Fatigue inhabituelle, maux de tête inexpliqués ou essoufflement peuvent cacher des complications graves nécessitant une consultation rapide.

Pour inverser la tendance, la SOGOB mise sur une mobilisation élargie des partenaires techniques et financiers. L’acquisition de la carbétocine thermostable figure parmi les priorités évoquées. Cette molécule, selon le Pr Issa Ouédraogo, pourrait transformer la lutte contre l’hémorragie du post-partum en facilitant la prévention dans des contextes où la chaîne du froid reste un défi. L’objectif affiché consiste à accélérer la réduction de la mortalité maternelle pour atteindre, d’ici 2030, un niveau inférieur à 77 décès pour 100 000 naissances vivantes, contre environ 198 actuellement.

Au-delà des innovations thérapeutiques, les acteurs insistent sur la nécessité d’une synergie multisectorielle. L’amélioration de l’accès aux soins, l’implication des communautés et la coordination entre partenaires apparaissent comme des leviers indispensables. La santé seule, souligne-t-il, ne peut relever ce défi sans l’engagement d’autres secteurs.

Du côté des partenaires, l’engagement se veut constant. Le chargé de programme santé maternelle au Fonds des Nations Unies pour la population, Nassa Sawadogo Michel, rappelle que l’UNFPA accompagne déjà les efforts nationaux à travers le renforcement des capacités des prestataires, la dotation en équipements médico-techniques et l’approvisionnement en médicaments essentiels. L’institution entend poursuivre cet appui pour contribuer à la réduction de la mortalité maternelle.

Nassa Sawadogo Michel, Chargé de programme santé maternelle au Fonds des Nations Unies pour la population

Cette rencontre aura ainsi permis de consolider la collaboration entre la SOGOB et les partenaires techniques et financiers. Une dynamique collective portée par une même ambition, faire reculer l’hémorragie du post-partum et éviter que l’accouchement ne devienne un risque pour la vie des femmes.

Daouda Ouédraogo

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