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Mariée, mais impossible d’avoir une pénétration: Quand le corps dit non malgré la volonté

Elle aime son mari, elle le désire, elle veut construire sa vie de couple. Pourtant, au moment des rapports sexuels, rien ne se passe comme prévu. La douleur surgit, le corps se crispe, toute tentative de pénétration devient difficile, parfois impossible. Pour certaines femmes, cette situation est source de honte, de silence et d’incompréhension. Ce trouble porte un nom, le vaginisme.

Dr François Xavier Kaboré, gynécologue obstétricien

Selon le Dr François Xavier Kaboré, le vaginisme est une contraction involontaire des muscles du périnée pouvant empêcher toute pénétration, qu’il s’agisse d’un doigt, d’un tampon ou d’un pénis. Autrement dit, la femme ne décide pas de bloquer son corps. Ce réflexe se produit malgré sa volonté.

Le trouble se présente généralement sous deux formes. Le vaginisme primaire concerne les femmes qui n’ont jamais pu avoir de pénétration vaginale. Le vaginisme secondaire apparaît chez des femmes qui avaient auparavant des rapports possibles, puis développent ce blocage plus tard.

Dans la forme primaire, certaines femmes peuvent être mariées, amoureuses, motivées à avoir une vie sexuelle normale, mais chaque tentative de pénétration se heurte à une fermeture involontaire des muscles du périnée, accompagnée de douleur ou de peur.

Comment expliquer ce mécanisme ? Le spécialiste indique que lorsqu’on s’approche de l’entrée du vagin ou qu’on l’effleure à peine, le message envoyé au cerveau peut être celui d’une douleur imminente. Par instinct de protection, le cerveau ordonne alors au corps de se contracter. La douleur ressentie est bien réelle, mais elle peut être amplifiée par la peur. Il s’agit donc d’un trouble où le psychique et le corporel se mêlent.

Certaines femmes concernées viennent de milieux où la sexualité reste très taboue, où la virginité est fortement valorisée, ou n’ont jamais appris à connaître leur propre corps. Beaucoup n’ont jamais exploré leur vagin elles-mêmes. Pourtant, cela ne signifie pas absence de désir. Le Dr Kaboré précise que ces femmes peuvent avoir une libido, ressentir du plaisir et aimer leur partenaire, tant que la relation ne va pas vers la pénétration.

Les conséquences sur le couple peuvent être lourdes. La femme peut se sentir coupable ou “anormale”. L’homme peut se croire rejeté, incompris ou remis en cause. Des tensions s’installent parfois sans que personne ne mette de mot sur le problème. C’est pourquoi le spécialiste rappelle que le vaginisme n’est pas seulement une question féminine, mais souvent une problématique de couple.

Mais, soutient Dr Kaboré, cela se soigne. La prise en charge commence par l’écoute, les explications et la déculpabilisation. Il est important de dire à la femme qu’elle n’a pas à avoir honte et qu’une amélioration est possible. Ensuite vient une rééducation psycho-corporelle visant à reprendre confiance, mieux connaître son périnée, apprendre à le relâcher et à contrôler ses contractions.

Des exercices progressifs peuvent être proposés avec du matériel adapté, afin de montrer au corps que cette zone n’est pas en danger et que la pénétration peut devenir possible sans douleur. Dans certains cas, le partenaire est associé à cette démarche. Sa présence, son écoute et sa patience peuvent renforcer la confiance du couple. « Une femme qui souffre lors des rapports ou qui ne parvient pas à avoir de pénétration ne fait pas exprès. Ce n’est ni un caprice, ni un refus, ni une fatalité. C’est un trouble connu, pris en charge par les professionnels de santé, et pour lequel des solutions existent. Parler reste souvent la première étape vers la guérison, rassure le spécialiste.

Madina Belemviré

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