Compléments alimentaires contre le diabète : ils ne sont pas un traitement reconnu, alerte le Dr TANDAMBA
Gélules, poudres, plantes, sirops vendus comme aides contre le diabète séduisent de nombreux patients. Pourtant, les compléments alimentaires ne font pas partie des traitements recommandés pour prendre en charge cette maladie, rappelle le Dr Souleymane Tandamba , spécialiste du diabète au Burkina Faso. Leur usage sans encadrement peut aussi exposer à des risques.
Les compléments alimentaires profitent souvent d’une image rassurante. Beaucoup de patients les associent au naturel, aux plantes ou à une solution plus simple que les médicaments. Dans les familles, sur les marchés ou en ligne, certains produits sont parfois présentés comme capables de faire baisser la glycémie.
Mais sur le plan médical, le message des spécialistes est sans ambiguïté. Les compléments alimentaires ne sont pas indiqués comme traitement du diabète. « Ils ne sont pas une indication pour le traitement du diabète selon les recommandations sur la prise en charge du diabète, que ce soit au Burkina Faso, en Afrique ou ailleurs dans le monde », explique le Dr Souleymane Tandamba , médecin endocrinologue diabétologue nutritionniste, assistant hospitalo-universitaire à l’Université Leidéa Bernard Ouédraogo de Ouahigouya.

La prise en charge du diabète repose aujourd’hui sur des recommandations établies par des Sociétés savantes de diabétologie. Elles intègrent des traitements ayant démontré leur efficacité pour contrôler la glycémie, mais aussi protéger le cœur et les reins, tout en réduisant le risque d’hypoglycémie sévère, c’est-à-dire une chute importante du taux de sucre dans le sang.
Autrement dit, ces produits ne remplacent ni les médicaments prescrits, ni le suivi médical, ni les bases connues de la prise en charge comme l’alimentation équilibrée, l’activité physique adaptée et la surveillance régulière de la glycémie.
Certains compléments ont bien été étudiés, notamment la cannelle, la berbérine, le ginseng ou encore la coenzyme Q10. Mais les effets observés restent limités, variables selon les études ou insuffisants pour en faire des traitements de référence. Le danger apparaît lorsque des patients réduisent leurs médicaments, arrêtent leur traitement ou repoussent une consultation en misant sur ces produits. Un diabète déséquilibré peut alors ouvrir la porte à de nombreuses complications.
Autre point souvent ignoré, un complément alimentaire n’est pas inoffensif parce qu’il est naturel. Le Dr Tandamba alerte sur de possibles interactions avec les médicaments, des réactions allergiques, un surdosage en vitamines ou minéraux, des glycémies perturbées, voire des atteintes du foie dans certains cas.
Avant d’ajouter un complément alimentaire à son quotidien, mieux vaut en parler avec un professionnel de santé. Entre la promesse affichée sur l’emballage et la réalité médicale, l’écart peut être large.
Madina Belemviré

