Paludisme au Burkina Faso: femmes de médias et créatrices de contenu passent à l’offensive
Pendant que beaucoup parlent du paludisme uniquement à l’hôpital, d’autres ont décidé de mener le combat là où tout commence, dans les familles, les quartiers et les habitudes du quotidien. À Ouagadougou, des femmes de médias et des créatrices de contenus ont été réunies ce mardi 21 avril 2026 par l’Association Nouvelle Vision pour transformer leur voix en arme contre la maladie.

Le pari est simple. Quand une femme informe, sensibilise et convainc, le message voyage vite. Et quand ce message touche la santé, il peut sauver des vies.
Car malgré les progrès enregistrés, le paludisme continue de frapper fort au Burkina Faso. Les plus exposés restent les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans. En 2025, 1 961 décès liés à la maladie ont été enregistrés dans le pays. Un chiffre qui rappelle que le moustique continue de faire parler de lui, et pas pour de bonnes raisons.
Face à cela, les autorités sanitaires saluent toutes les initiatives capables de faire bouger les lignes. Le représentant du Secrétaire permanent pour l’élimination du paludisme, le docteur Kobié Bakouan, a insisté sur un point souvent oublié. La bataille ne se gagne pas seulement dans les centres de santé. Elle se joue aussi à la maison, dans l’usage de la moustiquaire, la rapidité de consultation et les bonnes informations partagées autour de soi.

Et les chiffres montrent que des avancées existent. Le Burkina Faso est passé de plus de 10,8 millions de cas en 2024 à 7,3 millions en 2025. Les décès ont aussi reculé. Une amélioration encourageante, mais pas une raison pour dormir sans moustiquaire.
Pour Irène Zoungrana, directrice exécutive de l’Association Nouvelle Vision, il faut désormais changer de méthode si le pays veut atteindre l’objectif 2030. Miser sur les femmes n’est pas un hasard. Dans beaucoup de foyers, ce sont elles qui veillent sur les enfants malades, rappellent les traitements, organisent les soins et gardent l’œil ouvert quand tout le monde dort. Autant dire que si elles s’engagent, le paludisme risque de passer de mauvaises nuits.

Reportages, podcasts, vidéos, publications sur les réseaux sociaux… les participantes ont été invitées à utiliser tous les formats possibles pour casser les fausses idées et encourager les bons réflexes.

L’initiative prévoit aussi d’impliquer d’autres femmes au sein des communautés à travers le programme « kampʋgdba », avec l’ambition d’en faire de véritables ambassadrices de la lutte contre le paludisme.
Quand les femmes prennent la parole, ce n’est pas seulement le débat qui avance. Parfois, c’est tout un pays qui se protège.

