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Burkina Faso : plus de 2,2 millions de personnes seraient atteintes de maladies rénales

Au Burkina Faso, plus de 2,2 millions de personnes seraient atteintes de maladies rénales, selon les estimations citées par la Société burkinabè de néphrologie. À l’occasion de la Journée mondiale du rein 2026, l’organisation a publié un communiqué dans lequel son président, le Pr Gérard Coulibaly, alerte sur l’ampleur croissante de ces pathologies et appelle à renforcer la prévention et le dépistage, tout en attirant l’attention sur les liens entre santé rénale et changements climatiques.

Pr Gérard Coulibaly, président de la Société burkinabè de néphrologie

Plus de deux millions de Burkinabè seraient concernés par une maladie rénale. Ce chiffre illustre l’ampleur d’un problème de santé publique encore largement méconnu. À l’occasion de la Journée mondiale du rein célébrée chaque deuxième jeudi du mois de mars, la Société burkinabè de néphrologie a publié, le 12 mars 2026 à Ouagadougou, un communiqué.

Dans ce message adressé aux populations, aux professionnels de santé et aux autorités sanitaires, le Pr Gérard Coulibaly, rappelle que les maladies rénales constituent aujourd’hui un enjeu majeur de santé publique à l’échelle mondiale. Plus de 850 millions de personnes vivent avec une maladie rénale dans le monde, soit environ une personne sur dix. Les projections indiquent que si des politiques rigoureuses de prévention et de prise en charge ne sont pas mises en œuvre, ces pathologies pourraient passer de la 10ᵉ cause mondiale de décès en 2019 à la 5ᵉ d’ici 2040.

Au Burkina Faso, la situation suscite également des inquiétudes. Selon le Pr Coulibaly, plus de 2 200 000 personnes seraient atteintes de maladies rénales. L’un des défis majeurs reste le caractère souvent silencieux de ces affections. Pendant plusieurs années, elles peuvent évoluer sans symptômes apparents, ce qui explique que de nombreux patients ne soient diagnostiqués qu’à un stade avancé, lorsque les options thérapeutiques deviennent plus limitées et plus coûteuses.

Cette progression s’inscrit dans un contexte marqué par la transition épidémiologique. L’augmentation des maladies non transmissibles, notamment l’hypertension artérielle, le diabète, l’obésité ou encore la goutte, contribue à accroître le nombre de cas de maladies rénales chroniques. Dans le contexte burkinabè, certaines infections continuent également de jouer un rôle important. Des maladies virales comme le VIH ou les hépatites B et C, ainsi que des infections parasitaires telles que la bilharziose urinaire ou même le paludisme, peuvent provoquer ou aggraver des atteintes rénales.

Le thème retenu pour la Journée mondiale du rein 2026, « Santé rénale, prendre soin de tous tout en protégeant la planète », met aussi en lumière une dimension encore peu évoquée dans les débats de santé publique. Les changements climatiques pourraient en effet favoriser certaines atteintes rénales, notamment à travers l’exposition prolongée à des températures élevées et les épisodes répétés de déshydratation.

Le communiqué souligne également que certains traitements des maladies rénales posent des défis environnementaux. L’hémodialyse, traitement destiné aux patients souffrant d’insuffisance rénale avancée, nécessite d’importantes ressources. Une séance peut consommer environ 300 litres d’eau et produire entre 1,7 et 2,5 kilogrammes de déchets médicaux. Sur une année, les besoins énergétiques liés à ce traitement restent également élevés.

Malgré les défis, des avancées ont été enregistrées dans la prise en charge des maladies rénales au Burkina Faso. Le pays a franchi une étape importante le 29 juillet 2025 avec la réalisation de sa première transplantation rénale, marquant le début du développement de cette thérapie dans le pays. La transplantation rénale offre aujourd’hui aux patients une meilleure qualité de vie et représente une alternative durable à l’hémodialyse.

Par ailleurs, l’offre de soins en néphrologie poursuit son expansion. Des services spécialisés sont en cours d’ouverture dans plusieurs villes, notamment à Banfora, Dori, Dédougou et Fada N’Gourma, afin d’améliorer progressivement l’accès aux soins.

Toutefois, l’accès aux traitements de suppléance rénale reste limité. Les centres d’hémodialyse existants fonctionnent déjà à pleine capacité et certains patients doivent être inscrits sur des listes d’attente pour accéder à ce traitement vital.

Dans son communiqué, le Pr Gérard Coulibaly appelle ainsi l’ensemble des acteurs du système de santé, les partenaires et les populations à renforcer les actions de prévention, de dépistage et de prise en charge des maladies rénales. Il invite également les citoyens à adopter des comportements favorables à la santé rénale, notamment une alimentation équilibrée, une activité physique régulière, le contrôle de la tension artérielle et de la glycémie, ainsi que l’évitement de l’automédication.

Madina Belemviré

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