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Femmes et santé en Afrique: Plus nombreuses sur le terrain, encore trop rares dans les décisions

À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, plusieurs experts africains de la santé ont échangé sur une question importante pour l’avenir du continent. Les femmes jouent un rôle majeur dans les systèmes de santé, mais elles restent encore peu présentes là où se prennent les grandes décisions.

Ces échanges ont eu lieu lors d’un webinaire organisé le 11 mars 2026 par le Forum Galien Afrique, en partenariat avec le Réseau des médias africains pour la santé et l’environnement (REMAPSEN). La rencontre a réuni responsables d’organisations internationales, experts de santé publique et acteurs du développement autour du thème consacré au leadership des femmes en santé mondiale et à leur influence sur les politiques publiques dans un contexte de ressources limitées.

Dans les hôpitaux, les centres de santé et les programmes communautaires, les femmes sont très nombreuses. Infirmières, sage-femmes, agentes de santé ou médecins, elles assurent une grande partie du travail quotidien auprès des patients. Pourtant, lorsqu’il s’agit de diriger des institutions, de définir les politiques de santé ou de gérer les budgets, leur présence devient beaucoup plus limitée.

Pour plusieurs spécialistes, cette situation mérite d’être repensée. Donner davantage de place aux femmes dans les postes de décision pourrait contribuer à mieux orienter certaines priorités, notamment la santé maternelle, la nutrition, la protection des enfants ou encore la santé reproductive.

La présidente du Forum Galien Afrique, Pr Awa Marie Coll Seck, a ainsi souligné la nécessité de soutenir davantage le leadership féminin dans le secteur de la santé. Selon elle, cela passe aussi par la mise en place de mécanismes de financement plus innovants et plus résilients, capables d’accompagner les initiatives portées par les femmes.

Cette question du financement a d’ailleurs occupé une place centrale dans les discussions. Dans de nombreux pays africains, les systèmes de santé doivent fonctionner avec des ressources limitées, ce qui rend parfois difficile la mise en œuvre de politiques ambitieuses.

Dans ce contexte, le Directeur régional du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Dr Sennen Hounton, a insisté sur l’importance de mieux mobiliser les ressources nationales. Pour lui, certaines décisions économiques, comme la restructuration de la dette ou une meilleure orientation des budgets publics, pourraient permettre d’investir davantage dans les secteurs sociaux, notamment la santé et l’éducation.

Dr Sennen Hounton, Directeur régional du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA) pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre

Au-delà des ressources publiques, d’autres partenaires internationaux continuent également de soutenir plusieurs initiatives sur le continent. Les fondations philanthropiques, par exemple, jouent un rôle croissant dans le financement de programmes de santé.

Intervenant au cours du webinaire, la Directrice des politiques, des relations gouvernementales et des partenariats pour l’Afrique à la Gates Foundation, Caty Fall Sow, a évoqué les engagements financiers de la fondation pour soutenir, sur le long terme, des actions liées à la lutte contre les maladies infectieuses, à la réduction de la mortalité infantile ou encore à l’amélioration de l’accès à l’éducation.

Caty Fall Sow, Directrice des politiques, des relations gouvernementales et des partenariats pour l’Afrique à la Gates Foundation

De son côté, le Représentant résident de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Sénégal, Dr N’da Konan Michel Yao, a mis en avant d’autres pistes pour renforcer les systèmes de santé africains. Il a notamment évoqué l’importance d’impliquer davantage les femmes leaders dans la mobilisation des ressources locales, mais aussi de développer des partenariats entre les secteurs public et privé et de soutenir les solutions numériques en santé.

Dr N’da Konan Michel Yao, Représentant résident de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) au Sénégal

Au fil des échanges, une idée revient régulièrement. Le leadership féminin ne doit pas seulement être encouragé au niveau des discours, mais aussi soutenu par des politiques concrètes et des mécanismes de financement adaptés.

Pour plusieurs observateurs, renforcer la place des femmes dans la gouvernance sanitaire représente ainsi une opportunité pour construire des systèmes de santé plus solides, plus inclusifs et mieux adaptés aux besoins des populations africaines.

Madina Belemviré

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