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Le papier aluminium : pratique en cuisine, mais faut-il s’en méfier ?

On l’utilise partout, pour envelopper les restes, cuire du poisson au four ou garder nos sandwichs bien frais. Mais le papier aluminium, si pratique, est-il vraiment sans danger pour notre santé ? Des chercheurs et des autorités de santé se sont penchés sur la question. Voici ce qu’il faut retenir.

L’aluminium est un métal présent naturellement dans la terre, l’eau et certains aliments. Il est utilisé depuis longtemps dans l’industrie et la cuisine, notamment pour fabriquer le papier aluminium, les barquettes ou certains ustensiles. En petites quantités, l’aluminium n’est pas dangereux, car notre corps l’élimine par les reins. Mais il peut devenir un problème si l’on en ingère trop régulièrement.

Le papier aluminium peut laisser passer un peu d’aluminium dans les aliments, surtout quand ils sont acides, comme les tomates ou le citron, salés, ou cuits longtemps à haute température. Des chercheurs allemands ont montré que du poulet ou du poisson cuit une heure au four dans du papier aluminium pouvaient contenir jusqu’à 40 milligrammes d’aluminium par kilo (BfR – Federal Institute for Risk Assessment, 2014). Une étude similaire publiée dans le International Journal of Electrochemical Science (Bassioni et al., 2012) a confirmé que la cuisson en papillote (technique culinaire qui consiste à enfermer les aliments dans un papier sulfurisé, aluminium ou feuille de bananier) puis à les cuire à la vapeur dans leur propre jus), peut augmenter la quantité d’aluminium dans la nourriture.

Pour savoir si c’est dangereux, les scientifiques ont utilisé la dose tolérable hebdomadaire, appelée TWI. L’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA, 2008) a fixé cette limite à 1 milligramme d’aluminium par kilo de poids corporel par semaine. Concrètement, cela signifie qu’une personne de 60 kilos peut consommer jusqu’à 60 milligrammes par semaine, et une personne de 40 kilos environ 40 milligrammes.

Le vrai risque apparaît si l’on dépasse cette limite régulièrement et sur le long terme. Par exemple, si quelqu’un mange chaque jour des plats cuits dans l’aluminium avec beaucoup de citron ou de sel, l’aluminium peut s’accumuler dans le corps. Chez une personne en bonne santé, l’aluminium est surtout éliminé par les reins, donc il n’y a pas de problème immédiat.

Mais si les reins fonctionnent mal ou si l’exposition est très élevée et répétée, cela peut mettre les reins à rude épreuve et entraîner une accumulation dans l’organisme. À très fortes doses, l’aluminium peut aussi affecter légèrement les os ou provoquer de petites inflammations, mais ces cas sont rares et concernent surtout des expositions industrielles ou médicales, pas l’usage domestique courant.

Pour rester en sécurité, il suffit de quelques gestes simples. Il vaut mieux éviter de cuire ou de conserver longtemps des aliments très acides ou très salés dans l’aluminium, intercaler du papier cuisson entre l’aliment et l’alu, ou utiliser du verre ou de l’inox. Pour les restes, privilégier des boîtes hermétiques. Avec ces précautions, le papier aluminium reste pratique et sûr pour un usage quotidien.

Madina Belemviré

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