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Médicaments pour la tension et libido: ce qu’il faut savoir

Au Burkina, dès qu’un homme commence un traitement contre la tension, les rumeurs s’emballent. Dans les causeries de quartier, on chuchote que ces comprimés “tuent l’envie” et transforment les nuits en séances de sommeil profond. Pourtant, la réalité est bien différente. Souvent, ce n’est pas la pilule qui sabote le désir mais la tension elle-même.

Dr Traoré Hien Floriane, médecin cardiologue

A 58 ans, KO en a fait les frais. Trois mois après le début de son traitement, il se plaint d’une baisse d’envie. Son voisin lui souffle que “c’est la pilule qui rend mou”. Par peur, il arrête seul ses comprimés. Quelques semaines plus tard, il se retrouve aux urgences pour une poussée de tension sévère.

La cardiologue Dr Traoré Hien Floriane remet les choses au clair. « Il existe quelques médicaments contre l’hypertension qui peuvent affecter la libido, mais ce qu’il faut surtout savoir, c’est que l’hypertension elle-même est plus souvent responsable des troubles sexuels que le traitement », explique-t-elle.

Chez les hommes hypertendus, la dysfonction érectile touche entre 15 et 46 %. L’âge, la durée de l’hypertension, sa gravité, le diabète, l’obésité ou le tabac pèsent bien plus que la pilule. Les maladies des artères, comme la maladie coronaire, viennent encore compliquer la situation. 

Toutes les personnes qui prennent des médicaments pour la tension ne perdent pas leur désir. « Près de 18 à 46 % des patients hypertendus présentent des troubles de la libido, mais ceux-ci sont surtout liés à l’hypertension elle-même et à ses complications. Le rôle du médicament est faible », insiste la Dr Traoré Hien Floriane.

Se focaliser uniquement sur les effets secondaires pousse certains à abandonner leur traitement sans avis médical, un geste qui met directement leur cœur en danger. « Devant toute dysfonction érectile, il faut évaluer le patient dans sa globalité et corriger les autres facteurs avant d’accuser le médicament », précise la cardiologue.

En cas de baisse du désir ou de troubles sexuels, il faut en parler à son médecin. Lui seul peut vérifier si le médicament joue un rôle et proposer une alternative sûre. S’arrêter tout seul, changer de comprimés ou réduire les doses fragilise le cœur.

Pour préserver une vie sexuelle épanouie malgré la tension, la spécialiste recommande deux alliés. D’abord le mental, avec un couple où on peut parler sans honte ni jugement, où chacun ose exprimer ses envies et ses inquiétudes. Ensuite le physique, contrôler sa tension avec un traitement régulier, manger moins salé, bouger un peu, éviter que la bière ne devienne son meilleur ami et limiter le tabac. Un cœur bien entretenu supporte mieux les émotions et les élans amoureux.

Vieillir avec une tension à surveiller ne signifie pas dire adieu au plaisir. Le vrai danger, c’est de céder aux rumeurs, d’arrêter ses comprimés ou de bricoler son traitement. Le cœur aime quand on s’occupe de lui et, bien suivi, il sait encore battre pour l’amour longtemps.

Madina Belemviré

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