Obésité: Quand le poids du corps devient le fardeau du cœur
L’obésité n’est pas qu’une question d’apparence ou de silhouette. Elle agit sur le cœur, augmente la tension et fatigue les artères. Dans un monde où les plats rapides remplacent les repas faits maison et où l’activité physique devient rare, les kilos s’installent et avec eux, les risques de maladies cardiovasculaires.

L’obésité se définit comme une accumulation excessive de graisses dans le corps. Pour l’évaluer, les spécialistes utilisent l’indice de masse corporelle, ou IMC, un calcul simple qui consiste à diviser le poids en kilogrammes par la taille en mètres multipliée par elle-même. Par exemple, une personne qui pèse 70 kilos et mesure 1,70 mètre a un IMC de 24,2. Cet indice permet de savoir si le poids est normal, s’il s’agit d’un surpoids ou d’une obésité. Un IMC compris entre 25 et 30 indique un surpoids, explique la spécialiste, et au-delà de 30, il s’agit d’une obésité. Il existe aussi l’obésité abdominale, appelée graisse viscérale, qui correspond à une accumulation de graisse autour du ventre. Elle se caractérise par un tour de taille supérieur à 94 centimètres chez l’homme et 80 chez la femme.

Avec l’industrialisation et le changement des modes de vie, l’obésité devient de plus en plus fréquente. Elle s’impose comme l’un des problèmes de santé les plus répandus du siècle. Et parce qu’elle favorise les maladies cardiovasculaires, elle mérite une attention particulière. Le cœur, constamment sollicité, finit par s’essouffler sous le poids du corps.
Un organisme plus lourd demande plus d’effort pour faire circuler le sang. Le cœur doit pomper davantage et les vaisseaux résistent davantage à la pression. Cette surcharge de travail entraîne une hypertension artérielle et, à long terme, une insuffisance cardiaque. La graisse accumulée provoque aussi des inflammations dans les artères et augmente le risque de formation de plaques sur leurs parois. Ces dépôts, faits de graisses et de cholestérol, épaississent les artères et les rendent moins souples. Le sang circule alors plus difficilement. Avec le temps, ces plaques peuvent se fissurer ou se détacher, bloquant complètement une artère et provoquant une crise cardiaque ou un accident vasculaire cérébral. Ce phénomène est appelé athérosclérose.
Le Dr L. Prisca Thiombiano Kaboré explique aussi que l’obésité est étroitement liée à l’hypertension et au diabète. Ces trois problèmes forment un cercle vicieux. L’excès de graisse, notamment autour du ventre, augmente la résistance des vaisseaux et oblige le cœur à pomper plus fort. Il perturbe également le fonctionnement du pancréas, qui finit par produire trop d’insuline avant de s’épuiser, entraînant un diabète de type 2. Ces maladies s’alimentent mutuellement et fragilisent le cœur.
Toutes les formes d’obésité ne présentent pas les mêmes dangers. L’obésité abdominale, souvent appelée en forme de pomme, expose davantage au risque cardiovasculaire que celle où la graisse se loge dans les hanches et les cuisses.
La cardiologue souligne qu’il n’est pas nécessaire d’atteindre le poids idéal pour ressentir les bienfaits. Même une perte modeste de quelques kilos peut déjà améliorer la circulation, la respiration et la qualité de vie. Une perte de cinq à dix kilos suffit souvent à faire baisser la tension artérielle, le taux de sucre et le cholestérol. Chaque kilo perdu représente un allègement du travail du cœur.
Pour réduire les risques, le Dr Thiombiano Kaboré recommande de retrouver des habitudes de vie simples. Manger équilibré avec plus de fruits, de légumes et de fibres. Éviter les repas trop gras, les produits transformés et les sucres ajoutés. Bouger davantage, marcher, danser, jardiner, peu importe, tant que le corps reste en mouvement. Un minimum de deux heures et demie d’activité physique par semaine peut déjà faire la différence. Le sommeil aussi compte, car un corps reposé gère mieux son poids. Enfin, un suivi médical régulier aide à surveiller la tension, le taux de sucre et le cholestérol.
L’obésité n’est pas une fatalité. Avec de la volonté, un peu de discipline et un accompagnement adapté, il est possible de reprendre le contrôle. Protéger son cœur, c’est d’abord alléger son corps. Et un cœur allégé, c’est une vie plus longue et plus légère.
Madina Belemviré

