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Perte de voix ou enrouement prolongé : un symptôme à ne pas négliger

On utilise la voix pour parler, chanter, travailler et même pour exprimer nos émotions. Mais parfois, elle change, devient rauque, trop aiguë, ou disparaît carrément. Beaucoup prennent cela à la légère, pensant que « ça va passer tout seul ». Une voix qui reste modifiée plus de deux semaines doit inciter à consulter, avertit le Dr Wendlassida Arlette Yanogo, ORL au CHU Yalgado Ouédraogo.

Dr Wendlassida Arlette Yanogo, médecin ORL

Les troubles de la voix regroupent toutes les modifications anormales du timbre ou de l’intensité, explique le Dr Yanogo. Selon elle, cela peut se traduire par une voix faible, trop aiguë, ou même une perte totale de la voix, appelée aphonie. « Très souvent, ce sont les patients eux-mêmes qui s’en rendent compte, en sentant que leur voix n’est plus la même. Le médecin peut aussi percevoir ces anomalies simplement à l’écoute », ajoute-t-elle.

Parmi les causes les plus fréquentes, poursuit la spécialiste, on retrouve les infections et inflammations. Les laryngites aiguës, une inflammation du larynx, organe situé dans la gorge qui contient les cordes vocales, apparaissent généralement après une rhinopharyngite, ce que l’on appelle communément un rhume. Quand l’inflammation descend vers le larynx, elle altère directement la voix. Ces formes aiguës durent généralement moins de deux semaines. Mais si les symptômes persistent au-delà de trois mois, on parle de laryngite chronique. Dans certains cas, ces formes chroniques peuvent être liées à des infections plus sérieuses, comme la tuberculose.

« Si les causes infectieuses sont nombreuses, certains facteurs favorisants ne doivent pas être négligés », explique encore le Dr Yanogo. « Le tabac, qu’il soit actif ou passif, fragilise fortement le larynx. L’alcool joue également un rôle aggravant. À cela s’ajoutent les remontées acides de l’estomac, souvent sous-estimées mais capables d’altérer durablement la voix. Le froid, les allergies ou encore une utilisation excessive de la voix, comme crier ou parler sans pause, peuvent aussi contribuer à l’apparition des troubles. »

Face à ces risques, la prévention reste essentielle selon elle. Elle passe par l’éviction des facteurs aggravants comme arrêter le tabac, limiter l’alcool, soigner les reflux gastriques et éviter de malmener sa voix. Pour ceux qui travaillent beaucoup avec leur voix, comme les enseignants, les journalistes ou les chanteurs, apprendre à ménager ses cordes vocales est une nécessité.

Le Dr Yanogo rappelle que toute modification de la voix qui dure plus de deux semaines n’est pas anodine. Ce peut être le premier signe d’un problème sérieux, et il vaut mieux consulter rapidement avant que la situation ne s’aggrave.

Madina Belemviré

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