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Pertes blanches : normales ou dangereuses ? Le signal à ne pas ignorer

Elles inquiètent, elles gênent, elles sont parfois cachées par pudeur. Pourtant, les pertes blanches font partie de la vie intime de toutes les femmes. Selon le Pr Charlemagne Ouédraogo, gynécologue-obstétricien, il faut d’abord apprendre à les comprendre avant de les craindre. « Les leucorrhées sont des sécrétions vaginales normales. Le vagin est un organe qui vit, qui se protège et qui s’auto-nettoie », explique-t-il.

Les pertes blanches physiologiques sont naturelles. Elles sont blanchâtres à translucides, de consistance fluide à légèrement épaisse, parfois filantes autour de l’ovulation. Leur quantité varie selon les périodes du cycle menstruel, les hormones, l’âge ou même le stress. Elles ne dégagent pas d’odeur désagréable, ne provoquent ni démangeaisons ni brûlures. En clair, elles sont le signe que tout fonctionne normalement. Beaucoup de femmes les interprètent pourtant comme une maladie, alors qu’elles constituent un mécanisme de défense essentiel.

Le problème commence lorsque l’aspect change. Couleur jaune, verte ou grise, odeur forte évoquant parfois le poisson, texture épaisse ou mousseuse, démangeaisons, brûlures, douleurs pendant les rapports sexuels. Là, on ne parle plus de sécrétions normales mais de leucorrhées pathologiques. Elles peuvent révéler une mycose vaginale, une vaginose bactérienne, une infection sexuellement transmissible ou même la présence d’un corps étranger oublié comme un tampon. « Toute modification inhabituelle doit alerter », insiste le professeur Ouédraogo.

La candidose, plus connue sous le nom de mycose, provoque généralement des pertes épaisses accompagnées de démangeaisons intenses et de brûlures. La vaginose bactérienne, elle, se manifeste par des pertes grisâtres et fluides, avec une odeur marquée qui s’accentue souvent après les règles ou les rapports sexuels. Les infections sexuellement transmissibles peuvent entraîner des pertes jaunâtres ou verdâtres, parfois mousseuses. Parfois aussi, le déséquilibre vient simplement d’une flore vaginale perturbée par des antibiotiques, des changements hormonaux ou une hygiène intime excessive. Même des saignements inexpliqués associés aux pertes doivent pousser à consulter.

Ce que beaucoup ignorent, c’est que le vagin possède sa propre flore protectrice. À force de vouloir « trop bien faire », certaines femmes utilisent des antiseptiques, pratiquent des douches vaginales ou nettoient l’intérieur du vagin. « C’est une erreur fréquente », souligne le spécialiste. Le nettoyage doit concerner uniquement la vulve. Le vagin, lui, n’a pas besoin d’être lavé de l’intérieur sauf indication médicale précise. Les douches vaginales déséquilibrent la flore et favorisent les infections au lieu de les prévenir.

Le choix des sous-vêtements compte également. Les matières synthétiques et les vêtements trop serrés favorisent l’humidité et la macération. Le coton reste préférable. Et surtout, face à des pertes inhabituelles, l’automédication répétée peut retarder un diagnostic important. Consulter permet d’identifier précisément la cause et d’éviter les complications.

Parler des pertes blanches reste tabou pour beaucoup de femmes. Pourtant, elles constituent un indicateur de la santé intime. Toutes ne sont pas synonymes de maladie. Certaines traduisent simplement l’équilibre naturel du corps. La clé, selon le Pr Charlemagne Ouédraogo, est de savoir reconnaître ce qui est normal et ce qui ne l’est pas. Le corps féminin envoie des signaux. Encore faut-il apprendre à les écouter.

Madina Belemviré

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