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Santé des femmes et des filles: l’action du réseau Alliance Droits et Santé

Les projets ont une date de début et une date de fin. Les difficultés liées à la santé et aux droits des femmes et des filles, elles, n’en ont pas. C’est ce décalage entre le temps des financements et celui des réalités sociales qui a été au cœur des échanges lors du webinaire organisé le 10 décembre par le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN).

Caroline Tapsoba, présidente du Réseau Alliance Droits et Santé

Consacrée au projet Droits et Santé, cette rencontre virtuelle a permis de revenir sur les limites des actions ponctuelles et sur la nécessité d’inscrire les engagements dans la durée. Une réflexion portée notamment par le réseau Alliance Droits et Santé, engagé depuis plus d’une décennie sur ces questions en Afrique de l’Ouest.

« Nous avons mené des projets qui donnaient des résultats, mais qui s’arrêtaient alors que les problèmes continuaient », a indiqué Caroline Tapsoba, présidente du Réseau. C’est à partir de ce constat que l’Alliance Droits et Santé a été créée en 2013 à Ouagadougou, avec l’ambition de dépasser la logique des interventions isolées pour construire une action collective capable d’influencer durablement les politiques publiques et les comportements.

Le Réseau s’est donné pour objectif de contribuer à l’amélioration du statut et de la santé des femmes et des filles, en particulier dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive. L’approche se veut participative. « Il ne s’agit pas de parler à la place des femmes et des jeunes filles, mais de travailler avec elles, à partir de leurs réalités », a souligné Caroline Tapsoba.

Une attention particulière est portée aux filles en situation de vulnérabilité, notamment les aide-ménagères et jeunes filles domestiques. Majoritairement issues du milieu rural, elles vivent en ville sans accès suffisant à l’information sanitaire ni aux services de soins. « Ce sont des filles souvent invisibles dans les politiques publiques, alors qu’elles sont parmi les plus exposées aux risques et aux violences », a-t-elle rappelé.

Au fil des années, l’action du Réseau s’est élargie au-delà du cadre national. L’Alliance Droits et Santé a investi l’échelle régionale à travers des actions de plaidoyer, notamment auprès de l’Union africaine, sur la lutte contre les violences basées sur le genre. Ces démarches ont contribué à l’adoption de cadres stratégiques continentaux, tout en posant la question de leur mise en œuvre effective dans les pays.

Mais les résistances socioculturelles, la lenteur des changements de mentalités et le manque de ressources restent des obstacles majeurs. « Le changement ne se fait pas en un jour. C’est un travail de long terme, qui demande de la constance et de la proximité avec les communautés », a insisté la présidente du réseau.

À travers ce webinaire, le REMAPSEN a offert un espace de dialogue entre médias et acteurs de la société civile, mettant en lumière l’importance d’un engagement continu. Pour l’Alliance Droits et Santé, tant que la santé et les droits des femmes et des filles resteront fragiles, l’action ne pourra pas être ponctuelle. Elle devra s’inscrire dans le temps.

Madina Belemviré

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