Santé : Le Burkina Faso adopte l’Initiative présidentielle pour la santé (IPS)

Le Burkina Faso a franchi une nouvelle étape dans l’amélioration de son système de santé avec l’adoption de l’Initiative présidentielle pour la santé (IPS). Ce programme vise à moderniser les infrastructures médicales et à renforcer la qualité des soins. Il se déploiera sur cinq ans et comprend la construction de nouveaux centres médicaux, des services d’anesthésie-réanimation, un institut du cœur, et le diagnostic avancé du cancer du sein.

Dr Robert Lucien Kargougou, ministre de la Santé et de l’hygiène publique

Le Conseil des ministres du 3 juillet a adopté un décret instituant l’Initiative présidentielle pour la santé (IPS). Cette décision marque une nouvelle étape dans les efforts du Burkina Faso pour améliorer son système de santé. Depuis quelques années, le pays s’est engagé à renforcer son offre de santé à travers des politiques publiques telles que l’assurance maladie universelle et la gratuité des soins pour les enfants de 0 à 5 ans ainsi que pour les femmes enceintes. Malgré ces efforts, des défis persistent, notamment en ce qui concerne l’insuffisance des équipements médicaux et la disponibilité limitée des produits sanguins labiles, ce qui entraîne des évacuations fréquentes vers les grandes villes et soulève des problèmes d’équité et d’accès aux soins de qualité.

Face à ces contraintes, le Président du Faso a lancé l’Initiative présidentielle pour la santé (IPS), qui ambitionne de moderniser les structures de santé et d’améliorer la qualité des soins au Burkina Faso. Prévue pour une durée de cinq ans, l’IPS sera pilotée par le Bureau national des grands projets du Burkina (BN-GPB) et s’articule autour de quatre composantes majeures.

La première composante concerne la construction et l’équipement de 55 centres médicaux communaux. Cette initiative vise à transformer 55 Centres de santé et de promotion sociale (CSPS) en centres médicaux communaux dans les 13 régions administratives. Des médecins généralistes, du personnel de laboratoire, des spécialistes en imagerie médicale ainsi que du personnel de soutien et de maintenance seront affectés à ces centres. De plus, les infrastructures existantes des CSPS, souvent vétustes, seront rénovées et modernisées pour permettre une meilleure coordination des soins.

La deuxième composante porte sur la construction et l’équipement de cinq services d’anesthésie-réanimation dans des hôpitaux universitaires et régionaux. Cette mesure vise à doter ces établissements de services d’anesthésie-réanimation pour assurer une certaine autonomie et réduire les évacuations sanitaires.

La troisième composante prévoit la création d’un Institut du cœur au Centre hospitalier universitaire de Tengandogo.

Cet institut sera un centre d’excellence en cardiologie dans la sous-région, couvrant diverses interventions comme la chirurgie cardiaque des enfants et des adultes, les pontages, les greffes de cœur, et le traitement des maladies cardiaques congénitales et acquises.

La quatrième composante se concentre sur le diagnostic moléculaire du cancer du sein. En mettant à disposition des structures de santé des produits innovants de classe mondiale, le Burkina Faso pourra améliorer significativement la prise en charge des malades du cancer du sein.

Le financement de l’IPS est assuré par le BN-GPB, le ministère de la Santé et les communautés locales. L’adoption de ce décret formalise ainsi l’institution de l’Initiative présidentielle pour la santé.

Par ailleurs, le Conseil a également adopté un décret portant création, attributions, organisation et fonctionnement du Point focal national du Règlement sanitaire international (PFN RSI) au Burkina Faso. Ce point focal, recommandé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), vise à prévenir la propagation internationale des maladies et à renforcer les capacités de détection et de réponse aux urgences de santé publique. En vertu de ce décret, le PFN RSI notifiera toute urgence de santé publique à l’OMS dans les 24 heures suivant l’identification de l’évènement, renforçant ainsi la vigilance et la réactivité du Burkina Faso face aux menaces sanitaires.

Madina Belemviré 

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