Université Joseph Ki-Zerbo: 34 professionnels ouvrent la voie du master en santé de la reproduction
La salle s’anime, les regards sont attentifs, les carnets déjà ouverts. À l’Université Joseph Ki-Zerbo, ce mardi 7 avril 2026, l’UFR des Sciences de la Santé lance officiellement les cours en présentiel du master en santé de la reproduction (SR). Une formation qui ambitionne de renforcer les compétences des professionnels de santé et de donner un nouvel élan à la recherche dans un domaine au cœur des enjeux sanitaires.

Dans l’amphithéâtre, l’atmosphère est studieuse mais enthousiaste. Ils sont 34 professionnels de santé à prendre place pour cette première édition. Médecins généralistes, spécialistes en gynécologie, infirmiers et sages-femmes se retrouvent autour d’un même objectif. Renforcer leurs compétences dans un domaine qui concerne tout le continuum de la vie, de l’adolescent à la personne âgée, en passant par la femme, l’homme et l’enfant, comme le rappelle l’organisation même du programme.



Le Pr Charlemagne Ouédraogo, coordonnateur du master SR, explique que cette formation, prévue sur deux ans, vise à doter les participants des connaissances nécessaires pour mener des travaux de recherche en santé de la reproduction, mais aussi pour organiser la prise en charge de problématiques spécifiques. Au terme du cursus, les apprenants pourront poursuivre vers l’école doctorale pour un PhD, avec plusieurs possibilités de spécialisation. Parmi elles figurent la santé sexuelle et reproductive, la sénologie et la pathologie mammaire, la périnatologie, l’échographie de la femme enceinte ou encore le dépistage des lésions précancéreuses du col de l’utérus. Huit options au total sont proposées afin de permettre une orientation progressive vers la recherche, comme le détaille la structuration du master.

La formation est placée sous la coordination scientifique du Pr Charlemagne Ouédraogo, avec un dispositif pédagogique piloté par le Pr Ali Ouédraogo et une programmation des cours assurée par le Pr Adama Ouattara.
Cette diversité d’orientations reflète l’ampleur du champ couvert par la santé de la reproduction. Le programme aborde notamment la planification familiale, la prise en charge de l’infertilité, la santé des adolescents et des jeunes, les violences basées sur le genre, la prévention des cancers gynécologiques et mammaires, ainsi que les infections sexuellement transmissibles. Ces différentes composantes prioritaires sont intégrées dans la formation pour répondre aux besoins du terrain.

Le Pr Ali Ouédraogo, responsable pédagogique, insiste, lui, sur la nécessité pour les participants d’adopter très tôt une posture de chercheurs. Il encourage chacun à réfléchir dès maintenant à des thématiques liées à l’échographie, à la pathologie mammaire ou à d’autres domaines. L’accent est mis sur la formulation de véritables questions scientifiques, afin d’aller au-delà des études descriptives et produire des travaux utiles pour les systèmes de santé.

Dans la salle, les motivations des participants témoignent de l’intérêt suscité par ce nouveau programme. Le Dr Oumara Maina, maître-assistant en gynécologie-obstétrique à l’Université Abdou Moumouni de Niamey, au Niger, voit dans ce master une étape importante pour sa carrière universitaire. Il souligne qu’il s’agit d’une formation de recherche qui correspond aux exigences académiques et facilite l’évolution vers un PhD. Pour lui, ce parcours permettra d’approfondir un domaine spécifique et de contribuer à l’évolution des connaissances et des pratiques.

Ce lancement en présentiel marque ainsi le début d’une dynamique académique pour cette première cohorte. Entre formation spécialisée, recherche scientifique et perspectives doctorales, ce master en santé de la reproduction s’inscrit comme une réponse aux besoins croissants de renforcement des compétences dans un secteur clé pour les systèmes de santé.
Madina Belemviré

