Messieurs, toutes les femmes ne prennent pas du plaisir de la même manière
Messieurs, soyons honnêtes. Vous connaissez peut-être la pointure de votre femme, sa couleur préférée, son plat favori et même le nom de sa meilleure amie du primaire. Mais savez-vous réellement ce qui lui procure du plaisir au lit ?

La question mérite d’être posée. Car en matière de sexualité, beaucoup d’hommes avancent avec une confiance admirable. Certains peuvent vous expliquer en détail comment leur équipe a joué lors d’un match il y a plusieurs années, comparer pendant une heure les performances de deux motos ou débattre longuement sur le meilleur téléphone du moment. Mais lorsqu’il s’agit de dire ce que leur propre partenaire aime vraiment, les réponses deviennent parfois beaucoup moins précises.
Pourtant, beaucoup pensent avoir trouvé la bonne méthode. Une méthode qui a semblé fonctionner un jour et qu’ils continuent d’appliquer avec conviction. Le problème, c’est que les femmes ne fonctionnent pas toutes de la même manière.
Selon le Pr Der Adolphe Somé, gynécologue-obstétricien, certaines femmes sont davantage sensibles à la pénétration. Pour elles, les sensations ressenties à l’intérieur du vagin jouent un rôle important dans l’atteinte du plaisir. D’autres, en revanche, sont surtout réceptives aux caresses du clitoris, cette petite zone particulièrement riche en terminaisons nerveuses. Et puis il y a celles qui apprécient les deux. Un peu comme les personnes qui refusent de choisir entre le tôt et le riz gras lorsqu’elles ont très faim.
Le spécialiste explique d’ailleurs qu’environ un quart des femmes seraient davantage stimulées par la pénétration, un autre quart par la stimulation du clitoris, tandis que la moitié combine les deux formes de plaisir.
Autrement dit, ce qui envoyait une femme au septième ciel peut laisser une autre sur la piste d’atterrissage. C’est là que beaucoup d’hommes se trompent. Ils passent parfois plus de temps à perfectionner leur technique qu’à découvrir la femme qui est en face d’eux. Pourtant, le plaisir féminin n’est pas un concours où l’on gagne en récitant toujours la même leçon.
Certaines femmes aiment que l’on prenne son temps. Pour elles, tout commence bien avant la pénétration. Elles aiment être séduites, touchées, embrassées. D’autres ont une patience beaucoup plus limitée et se demandent discrètement pourquoi monsieur tourne encore autour du rond-point sans prendre la sortie. Pour les unes, le plus grand plaisir passe par les caresses du clitoris. Pour les autres, c’est davantage la pénétration qui occupe le premier rôle. Et puis il y a celles qui apprécient les deux. Autant dire que les hommes qui cherchent une méthode unique ont choisi une mission particulièrement compliquée.
Ce qui faisait perdre la tête à une femme peut laisser la suivante se demander ce qu’il y a de si extraordinaire. Et pendant que monsieur est persuadé de réaliser une performance dont on parlera encore dans dix ans, madame se demande parfois si c’est bien de ce moment-là que les copines parlent avec autant d’enthousiasme.
Apprendre à connaître sa partenaire, c’est prendre le temps de l’écouter, d’observer ses réactions, de comprendre ce qu’elle aime et ce qu’elle aime moins. Oui, cela implique parfois de poser des questions. Rassurez-vous, aucun homme n’a jamais perdu sa virilité pour avoir demandé : « Tu préfères quoi ? »
Les femmes aussi ont leur part de responsabilité. Beaucoup attendent encore que leur partenaire comprenne tout sans qu’elles aient besoin de parler. Pourtant, même l’homme le plus amoureux du monde ne peut pas deviner ce qu’on ne lui dit pas.
Quand quelque chose procure du plaisir, il faut le dire. Quand quelque chose ne convient pas, il faut aussi le dire. Après tout, on explique facilement comment on aime son café, son poisson braisé, son attiéké ou même la cuisson de sa viande. Pourquoi serait-il plus compliqué d’expliquer ce qui nous fait du bien ?
Parce qu’en matière de plaisir féminin, le meilleur amant n’est pas forcément celui qui croit tout savoir. C’est souvent celui qui continue d’apprendre.
Madina Belemviré

