Micro pénis ou gros pénis : que faire lorsqu’on est concerné ?
La semaine dernière, notre vidéo sur le micro pénis et les gros pénis a suscité de nombreuses réactions. Si certains hommes ont découvert que la taille du pénis ne résume pas, à elle seule, le plaisir féminin, beaucoup nous ont surtout posé une autre question : « Que faire lorsqu’on a un micro pénis ? » ou, à l’inverse, « Que faire lorsqu’on a un très gros pénis ? » Existe-t-il des solutions ? Bulletin Santé a soumis ces préoccupations au Dr Dieudonné Kambou, chirurgien urologue.

Le sujet est rarement abordé sans gêne. Pourtant, il préoccupe de nombreux hommes. Entre ceux qui rêvent de gagner quelques centimètres et ceux qui se demandent comment gérer un pénis un peu trop généreux, les questions ne manquent pas. Entre les complexes, les comparaisons sur les réseaux sociaux et les promesses de produits miracles, il n’est pas toujours facile de distinguer le vrai du faux.
Pour le Dr Dieudonné Kambou, la première chose à savoir est que la majorité des hommes qui pensent avoir un pénis trop petit ont, en réalité, une taille tout à fait normale. Les complexes naissent souvent de comparaisons avec les acteurs de films pornographiques ou les images largement relayées sur les réseaux sociaux, qui ne reflètent pas la réalité.

Le spécialiste rappelle que le micropénis est une affection rare. Il se définit par un pénis mesurant moins de 7 centimètres en érection et concernerait moins de 3 % de la population masculine. Si un homme pense être concerné, inutile de transformer Internet en salle de consultation ou de faire le tour des vendeurs de remèdes miracles. Face à cette situation, le premier réflexe ne doit pas être de chercher une solution sur Internet ou dans les médicaments vendus dans la rue, mais de consulter un urologue. Une évaluation médicale permettra de confirmer le diagnostic et, si nécessaire, de proposer une prise en charge adaptée.
Lorsque cela est médicalement indiqué, une intervention appelée pénoplastie peut être envisagée. Cette chirurgie permet d’augmenter la longueur du pénis, son volume, ou les deux. Le Dr Kambou précise toutefois qu’elle ne s’adresse pas aux hommes qui souhaitent simplement ressembler aux standards imposés par les réseaux sociaux ou la pornographie. Chaque demande fait l’objet d’une évaluation médicale avant toute décision.
On entend souvent que « plus c’est gros, mieux c’est ». Là aussi, le Dr Kambou invite à nuancer. Un pénis très volumineux peut compliquer les rapports sexuels et provoquer des douleurs chez la partenaire. À ce jour, le spécialiste indique qu’il ne connaît pas de technique de réduction du pénis couramment pratiquée. Il recommande surtout aux hommes concernés d’être attentifs aux sensations de leur partenaire, de privilégier le dialogue au sein du couple et d’adapter la profondeur de la pénétration lorsque cela est nécessaire.
S’il suffisait d’une pommade achetée au coin de la rue pour gagner quelques centimètres, les urologues seraient probablement au chômage. Malheureusement, la réalité est tout autre. Le Dr Dieudonné Kambou met en garde contre les nombreuses crèmes, pommades, gels et pilules qui promettent d’augmenter la taille du pénis. Selon lui, aucune preuve scientifique ne démontre leur efficacité. Pire, ces produits peuvent exposer leurs utilisateurs à des risques pour leur santé, sans apporter le moindre résultat.
Au-delà de la taille, le spécialiste invite surtout les hommes à ne pas laisser les complexes prendre le dessus. Un pénis plus petit que la moyenne n’empêche pas d’avoir une vie sexuelle satisfaisante. Quant au plaisir féminin, il ne dépend pas uniquement de la longueur du pénis. Le volume, la qualité de l’érection, les préliminaires, la communication au sein du couple et la complicité jouent également un rôle essentiel.
Au final, les centimètres occupent beaucoup de place dans les conversations, mais beaucoup moins dans une vie sexuelle épanouie. Les complexes, eux, prennent souvent plus de place que le pénis lui-même. Avant de croire aux promesses des vendeurs de miracles ou de se comparer aux acteurs des films pour adultes, mieux vaut demander l’avis d’un professionnel de santé. Dans la majorité des cas, les hommes découvrent qu’ils n’ont aucun problème médical et que la meilleure réponse à leurs inquiétudes passe d’abord par une bonne information.
Madina Belemviré
