Hémorragie du post-partum : la SOGOB fait des parlementaires des alliés de la lutte contre la mortalité maternelle
Alors que l’hémorragie du post-partum demeure la première cause de mortalité maternelle au Burkina Faso, la Société des Gynécologues et Obstétriciens du Burkina (SOGOB) a engagé, le 1er juillet 2026 à Ouagadougou, un dialogue avec des députés de l’Assemblée législative du Peuple. L’objectif est d’obtenir un engagement politique plus fort afin d’accélérer l’adoption des innovations médicales et le renforcement des politiques publiques en faveur de la santé maternelle.

« Les médecins ne peuvent pas gagner ce combat seuls. » C’est le message fort lancé par le président de la SOGOB, le Pr Charlemagne Ouédraogo, à l’ouverture d’un atelier de plaidoyer réunissant des députés de l’Assemblée législative du Peuple, mobilisés à travers le Réseau des parlementaires burkinabè en Santé, Population et Développement. Organisé par la SOGOB avec le soutien financier de la Fondation Gates, à travers KENEYA Impact, en collaboration avec le ministère de la Santé et Enda Santé, cet atelier se tient les 1er et 2 juillet à Ouagadougou.
Pendant deux jours, parlementaires et experts et échangent autour d’un même objectif : renforcer la réponse politique face à l’hémorragie du post-partum, responsable d’environ trois décès maternels sur dix au Burkina Faso. Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, la mortalité maternelle reste estimée à 198 décès pour 100 000 naissances vivantes, un niveau encore éloigné de la cible fixée par les Objectifs de développement durable.

Pour le président de la SOGOB, les solutions médicales existent. Il a notamment cité la carbétocine thermostable, recommandée par l’Organisation mondiale de la Santé, qui présente l’avantage de conserver son efficacité sans chaîne de froid, un atout majeur dans un pays confronté à des défis climatiques et sécuritaires. Mais, a-t-il insisté, une innovation ne sauve aucune vie tant qu’elle n’est pas intégrée aux politiques nationales, financée et rendue disponible dans les formations sanitaires.

C’est précisément sur ce point que la SOGOB souhaite mobiliser les parlementaires. Par leurs missions de législation, de contrôle de l’action gouvernementale et de vote du budget de l’État, ils disposent de leviers susceptibles d’accélérer l’introduction de ces innovations et de renforcer durablement les moyens consacrés à la santé maternelle.
La coordonnatrice du Réseau des parlementaires burkinabè en Santé, Population et Développement, Esther Bamouni Kansono, a rappelé que la mortalité maternelle ne se résume pas à des chiffres. « Chaque décès maternel laisse une famille en deuil, des enfants privés de leur mère et une communauté affectée », a-t-elle souligné, appelant à une mobilisation collective de l’ensemble des décideurs. Elle a également réaffirmé l’engagement des parlementaires à soutenir les initiatives en faveur d’un meilleur financement de la santé, du renforcement des ressources humaines et de l’amélioration continue de l’offre de soins.

Au-delà des échanges, cet atelier ambitionne de faire émerger des recommandations susceptibles de renforcer les politiques publiques, d’améliorer l’accès aux soins obstétricaux de qualité et de favoriser l’introduction d’innovations capables de réduire les décès liés à l’hémorragie du post-partum.
Pour la SOGOB, le défi dépasse désormais le cadre médical. Réduire durablement la mortalité maternelle suppose aussi des décisions politiques, des financements adaptés et une mobilisation constante des institutions. C’est à ce prix que davantage de femmes pourront donner la vie sans risquer de perdre la leur.
Jude Somé

