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Pneumologie au Burkina Faso : quand la technologie questionne la pratique médicale

La pneumologie évolue, les outils aussi. Du 18 au 20 décembre 2025, à Ouagadougou, la Société burkinabè de pneumologie (SOBUPAP) réunit médecins et spécialistes pour interroger la place des nouvelles technologies dans la prise en charge des maladies respiratoires.

Les maladies respiratoires restent un problème majeur de santé publique au Burkina Faso. Tuberculose, asthme, infections pulmonaires ou maladies respiratoires chroniques continuent de peser sur les patients et sur le système de santé. Face à cette réalité, la pneumologie ne peut plus avancer sans tenir compte des nouvelles technologies qui transforment progressivement la pratique médicale. À l’ouverture des travaux, le directeur de cabinet du ministre de la Santé, Adjima Combary, représentant le ministre, a réaffirmé le soutien et la solidarité du gouvernement à l’endroit de la Société burkinabè de pneumologie. Il a rappelé que la lutte contre les maladies respiratoires figure parmi les priorités nationales et que l’intelligence artificielle, la télémédecine et l’imagerie médicale peuvent contribuer à améliorer la prévention, le dépistage, le diagnostic et la prise en charge des patients, à condition que ces outils servent un système de santé plus équitable et plus résilient.

Adjima Combary, Directeur de cabinet du ministre de la Santé

Le thème du congrès, « Pratique de la pneumologie au Burkina Faso à l’ère des technologies nouvelles », traduit cette volonté d’adapter la pratique médicale aux évolutions du monde. Scanner, intelligence artificielle, outils numériques de suivi des patients . Ces innovations peuvent faciliter le travail des médecins, notamment face au nombre croissant d’examens à analyser. Mais elles posent aussi des questions sur la place du médecin et sur la qualité de la relation avec le patient.

Pour le président de la SOBUP, le Pr Martial Ouédraogo, les nouvelles technologies sont utiles, mais elles ne remplacent ni l’expérience médicale ni le regard clinique. Il a rappelé que l’intelligence artificielle ne fait qu’analyser les données qu’on lui fournit et qu’elle doit rester un outil d’aide à la décision. L’écoute du patient, le jugement médical et l’approche humaine demeurent essentiels dans la prise en charge.

Pr Martial Ouédraogo, Président de la SOBUP

Ce 8ᵉ congrès a également été marqué par des moments de mémoire et de reconnaissance. Un hommage posthume a été rendu au professeur Georges Ouédraogogo, décédé le 27 avril, dont le travail et l’engagement ont profondément marqué la pneumologie au Burkina Faso. L’avenir de la discipline a enfin été mis en lumière avec la sortie officielle de la septième promotion de pneumologues, appelés à renforcer la prise en charge des maladies respiratoires dans le pays.

Des délégations venues de plusieurs pays africains et européens prennent part à cette rencontre, soulignant l’importance des échanges et de la collaboration scientifique. Au-delà des présentations et des discussions, ces trois jours de travaux posent une question simple et centrale. Comment former des médecins capables d’utiliser les outils modernes tout en restant proches des patients ? Une réflexion essentielle pour l’avenir de la santé respiratoire au Burkina Faso.

Madina Belemviré

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