Plaidoyer : mobilisation des médias pour la prévention du paludisme au Burkina Faso

L’association IES/FEMMES en collaboration avec le SP/Palu et Speak Up Africa a organisé le jeudi 30 novembre 2023 à Ouagadougou, un atelier de plaidoyer visant à engager les médias dans la lutte contre le paludisme au Burkina Faso. Malgré des progrès notables, cette maladie persiste en tant que principal motif de consultation, d’hospitalisation et de décès dans le pays. Les chiffres alarmants de 2022 révèlent la nécessité urgente d’une action concertée.

Au Burkina Faso, malgré les progrès enregistrés, le paludisme persiste comme un problème de santé publique majeur. Selon les données statistiques du système national d’information sanitaire, le paludisme reste la principale cause de consultation (42,2%), d’hospitalisation (50,75%), et de décès (13,9%) dans les établissements de santé. En 2022, le pays a enregistré malheureusement 11 656 675 cas de paludisme, avec 4243 décès. La maladie sévit toute l’année, avec une recrudescence saisonnière pendant la saison des pluies, touchant particulièrement les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans.

Selon l’annuaire statistique de 2022, la région du centre a rapporté 1 400 565 cas de paludisme, dont 451 ont entraîné des décès dans les établissements de santé de base. Le district de Bogodogo a enregistré, jusqu’au 26 novembre, selon le médecin chef du district sanitaire, le Dr Jean Gabriel Paguebelem, 81 000 cas de paludisme simple, dont 95 000 concernent les enfants de moins de 5 ans. « Nous avons également recensé près de 31 000 cas de paludisme grave, avec quelques décès », a-t-il révélé.

Dr Jean Gabriel Paguebelem, MCD Bogodogo

Le secrétaire général de la province du Kadiogo, représentant le haut-commissaire, Boukary Savadogo,souligne que le paludisme n’est pas seulement un problème de santé publique mais également un obstacle au développement, drainant les ressources financières, affectant la productivité des ménages et compromettant l’avenir des enfants.

Boukary Savadogo, secrétaire général de la province du Kadiogo, représentant le haut-commissaire

Malgré les moyens de lutte efficaces mis en œuvre par le gouvernement, tels que les comprimés distribués lors des consultations prénatales, les médicaments administrés aux enfants pendant les périodes de forte transmission, et l’assainissement, le paludisme continue de sévir au Burkina.

C’est donc dans le but de soutenir les efforts du gouvernement dans la lutte contre le paludisme que l’association IES/FEMMES, en collaboration avec le SP/Palu et Speak Up Africa, a organisé un atelier de plaidoyer, afin de mobiliser les médias pour une action concertée, renforçant la promotion des mesures de prévention au sein des communautés. « Nous avons besoin de l’aide des journalistes pour véhiculer le message auprès de la population burkinabè, afin qu’elle comprenne que le gouvernement fait des efforts mais ne peut pas y arriver seul. Détruire les gîtes larvaires dans vos concessions, c’est vous aider d’abord », a souligné Dr Paguebelem.

Madina Belemviré

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