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Quand les règles pèsent sur le moral

Au Burkina Faso, la dépression est la deuxième cause d’hospitalisation et de consultation en psychiatrie au CHU Yalgado Ouédraogo. Pour certaines femmes, les hormones qui contrôlent leur cycle menstruel jouent aussi un rôle dans cette maladie, car, comme le dit le Pr Arouna Ouédraogo, « les hormones qui interviennent dans le cycle menstruel de la femme sont les mêmes qui interviennent dans le déterminisme de la dépression. »

La dépression est une maladie qui fatigue l’esprit et enlève l’envie de faire même les choses les plus simples. Elle peut toucher tout le monde : hommes, femmes, jeunes ou vieux. Souvent, elle apparaît après une accumulation de soucis, un excès de travail, des tensions dans la famille, certaines maladies, ou des évènements qui marquent profondément.

Au CHU Yalgado Ouédraogo, la dépression est la deuxième cause de consultation et d’hospitalisation en psychiatrie. Et les chiffres montrent qu’elle frappe plus les femmes. Une femme sur cinq en souffre, contre un homme sur dix. Pourquoi ? Parce qu’en plus des raisons sociales et personnelles, certaines femmes sont plus fragiles à cause de leurs hormones.

Le Pr Arouna Ouédraogo l’explique bien : « Les hormones qui interviennent dans le cycle menstruel de la femme sont les mêmes qui interviennent dans le déterminisme de la dépression. » En clair, les hormones comme les œstrogènes et la progestérone, qui changent de niveau pendant les règles, peuvent influencer l’humeur. Chez certaines femmes, ces variations passent inaperçues. Mais chez d’autres, elles déclenchent une grande tristesse ou de l’irritabilité, surtout avant les règles.

Les études confirment ces propos. Schiller et ses collègues (Comprehensive Physiology, 2016) ont montré que ces hormones agissent sur la sérotonine, une substance qui aide à garder le moral. Quand elles chutent, le cerveau reçoit moins de « signal positif ». Par conséquent, certaines femmes tombent dans une forme de dépression cyclique. Soares (Menopause, 2014) rappelle aussi que les œstrogènes protègent l’humeur. Leur baisse, avant les règles ou après un accouchement, peut suffire à déclencher une dépression.

Beaucoup de femmes gardent tout pour elles, pensant que « c’est normal » d’être triste avant les règles. Pourtant, quand cette souffrance devient trop lourde, il ne faut pas hésiter à en parler. La dépression n’est pas une honte, c’est une maladie qui se soigne. Et comprendre le rôle des hormones est une étape de plus pour aider celles qui souffrent en silence.

Madina Belemviré

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