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La souffrance au travail : mythe ou réalité ?

On nous vend souvent l’idée que le travail est une source d’épanouissement, un lieu où l’on peut se réaliser pleinement. Pourtant, derrière cette vision idéalisée, une autre réalité s’impose : pour beaucoup, le travail est aussi une source de souffrance. Et cette souffrance n’est pas qu’une simple impression ou une plainte de plus. Elle s’exprime dans le corps, dans l’esprit et dans la vie quotidienne des travailleurs.

Dr Oumar Sourabié, spécialiste en santé mentale

Le corps est un excellent baromètre du mal-être. Prenons le cas de Sophie, cadre en entreprise. Malgré des bilans de santé normaux, elle ressent une fatigue persistante, des vertiges et des troubles du sommeil. Peu à peu, elle s’isole, perd confiance en elle et développe une peur irrationnelle de l’échec. Derrière ces symptômes, un mal-être lié à une charge de travail excessive et un manque de reconnaissance.

Selon le Dr Omer Sourabié, médecin psychiatre au CHU Sourou Sanou de Bobo Dioulasso, la souffrance au travail se manifeste souvent par des douleurs inexpliquées. Une fatigue persistante, malgré des examens médicaux normaux, peut être un premier signal. Mais ce n’est pas tout. Transpiration excessive, vertiges, problèmes gastriques (ballonnements, nausées, constipation), troubles de l’appétit (perte ou augmentation excessive de la faim) et palpitations cardiaques peuvent être des symptômes d’un environnement professionnel toxique.

Le sommeil, soutient Dr Sourabié, lui aussi, en prend un coup. Des difficultés à s’endormir, des réveils nocturnes fréquents ou, au contraire, un sommeil excessif. Autant de signaux que l’organisme envoie pour alerter sur une souffrance latente.

La souffrance au travail ne s’arrête pas aux manifestations physiques. Elle attaque aussi le psychisme selon le psychiatre. Se replier sur soi-même, éviter les interactions sociales, voir tout en noir  que ce soit sa propre personne, son avenir ou le monde en général, sont des signes courants. Cette vision négative s’accompagne souvent d’un sentiment de culpabilité, d’une tristesse prolongée ou disproportionnée, voire de crises de larmes inexpliquées.

La peur est un autre indicateur important. Certaines personnes ressentent une angoisse permanente sans raison apparente, ou au contraire, une peur excessive par rapport à une situation donnée. Quand la pensée et le comportement se dérèglent, des oublis fréquents, des difficultés à prendre des décisions, ou encore un sentiment de ne plus être maître de ses choix, sont autant de signaux d’alerte.

La souffrance au travail impacte également la concentration et la mémoire. Certains travailleurs développent une forme d’hyper-investissement, persuadés que sans eux, tout s’effondrerait. Un état qui, s’il perdure, peut mener à l’épuisement total selon le spécialiste de la santé mentale.

Travailler, oui, mais pas à n’importe quel prix

Non, la souffrance au travail n’est pas un mythe. Elle est bien réelle, et elle laisse des traces profondes, tant sur le corps que sur l’esprit. Plutôt que de la minimiser, il est urgent de la reconnaître et d’agir, car un salarié en souffrance est un salarié en danger.

Madina Belemviré

 

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